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La déforestation borde la palmeraie à Bornéo

Les palmes du renouvelable

3 min
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Avec plus de 100 000 emplois dans les énergies renouvelables, la France se classe 3e au niveau européen. Parmi les filières les plus importantes, les agrocarburants suscitent controverses et débats car ils reposent encore largement sur l'utilisation d'huile de palme, néfaste pour l'environnement.

La déforestation borde la palmeraie à Bornéo
La déforestation borde la palmeraie à Bornéo Crédits : QUENTIN MARTINEZ / BIOSPHOTO - AFP

La France sur la troisième marche européenne

Selon un rapport publié par l’Agence internationale des énergies renouvelables, qui a son siège à… Abou Dhabi... on apprend que la France est le troisième employeur européen dans le secteur des énergies vertes, avec plus de 100 000 emplois dans cette filière. En tête de ce classement, on retrouve l’Allemagne et l’Angleterre. 

On apprend également que l’on a dépassé la barre des 10 millions d’emplois dans le monde, contre 7 en 2012. Chine, Brésil, Etats-Unis, Allemagne et Japon, en tête de ce classement, totalisent près de 70% des postes du secteur. Un bond sans précédent expliqué, selon le rapport par “la baisse des coûts et l’adoption de politiques publiques favorables, qui ont stimulé l’investissement et l’emploi”.

Au niveau européen, les secteurs de l’éolien et du photovoltaïque ont ainsi plus que doublé leurs effectifs en 6 ans, mais les deux secteurs les plus importants, restent la biomasse et la production d’agro-carburants, qui totalisent près de deux tiers des emplois en Europe. 

Un soutien politique croissance

L'Union européenne a ainsi fait du développement de ces deux secteurs, une de ses priorités, dans le cadre de sa stratégie énergie-climat. La Commission avait ainsi fixé un objectif de 10% d’agrocarburants utilisés dans le secteur des transports. 

Si l’idée d’une alternative aux hydrocarbures semble bonne sur le papier, cet objectif est en réalité néfaste pour l’environnement puisqu’il incite à la production de biocarburants à partir d’huile de palme, dont on connaît les ravages. 

Cet objectif a donc suscité la colère des associations de protection de l’environnement et d’un certain nombre d’Etats européens, poussant la Commission à fixer un plafond à 7% d’agrocarburants de “première génération”, à savoir les carburants issus directement de la transformation d’huiles végétales et non d’huile résiduelles ou usées. Plafond que la Commission envisage d’ailleurs encore de baisser. 

La palme a le vent en poupe

On vient d’ailleurs d’apprendre que Total confirmait son intention de recourir massivement à cette matière première, avec la reconversion de son site industriel de la Mède. L’objectif du géant français des hydrocarbures est en effet de produire 500 000 tonnes de biodiesel par an. Pour ce faire, Total devra traiter 650 000 tonnes d’huiles végétales, dont 100 000 issues d’un dérivé de l’huile de palme. 

Le pétrolier met l’accent sur l’usage des huiles durables et usagées, mais il ne dispose pas des structures pour traiter une telle quantité de matière première. Or l’huile de palme est la seule à ne pas nécessiter de pré-traitement avant sa transformation, ce qui rend son usage plus facile et moins coûteux.

On peut donc imaginer que l’objectif est d’augmenter graduellement l’exploitation de l’huile de palme. Cela semble même tranché. Selon un délégué syndical de la Mède, cité par le Monde, les représentants de Total ont prévenus : le site ne fonctionnera pas s’il y a moins de 60% d’huile de palme. En deçà, ils fermeront le site. Le message est donc très clair. 

Il faut dire que cette décision se place dans un contexte d’augmentation massive de l’huile de palme dans la fabrication d’agrocarburants en Europe. Entre 2010 et 2014, la demande a ainsi augmenté de 600%, plaçant l’Europe au deuxième rang des importateurs au niveau mondial. 

Prenant la parole ce matin pour la première fois sur ce sujet, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a appelé Total à “réduire au maximum l’utilisation d’huile de palme”... ajoutant qu’il ne pouvait leur demander d’y renoncer après les investissements et les efforts consentis par l’entreprise. Gageons donc, que nous ne sommes pas prêts d’arrêter de rouler à la palme.

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