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Le temple de Baalshamin à Palmyre, détruit par l’organisation Etat islamique, qui renaît grâce à l'imagerie numérique

Les monuments fantômes du monde arabe

3 min
À retrouver dans l'émission

L'Institut du Monde arabe inaugure l'exposition "Cités Millénaires" et emporte les visiteurs vers les cités en péril de la région grâce à la modélisation 3D et la réalité virtuelle. Une forme de consolation par l'image, qui nous permet de faire le deuil et de penser l'avenir de ces glorieuses cités.

Le temple de Baalshamin à Palmyre, détruit par l’organisation Etat islamique, qui renaît grâce à l'imagerie numérique
Le temple de Baalshamin à Palmyre, détruit par l’organisation Etat islamique, qui renaît grâce à l'imagerie numérique Crédits : ICONEM / DGAM / UNIL

Ce sont des structures hybrides, des blocs de pierre contre des tranches de vide, les images fantômes de cités en dangers, qui renaissent au regard grâce à la magie de l’imagerie 3D.  

Aux confins de l’Irak, de la tripolitaine, des marchés de Mossoul aux vestiges de Palmyre, c’est un voyage esthétique, émotif, une échappée physique et temporelle que nous propose l’Institut du monde arabe dans son exposition Cités Millénaires. 

C'est un voyage immersif, proposé par l’IMA, qui place le visiteur au plus près de ces vestiges de l’humanité, tels qu’ils ont été mais aussi tels qu’ils sont aujourd’hui. Par d’ingénieux dispositifs vidéo, mais aussi grâce au plongeon permis par la réalité virtuelle, le regard et l’imaginaire sont transportés au coeur du vieux souk d’Alep ou face aux ruines de la mosquée Al Nouri.

Un voyage virtuel permis par les avancées technologiques du numérique

Ce sont des milliers de photographies qui ont été prises sur les sites par des drones volant à basse altitude. Des photos qui sont ensuite traitées, analysées, comme une pluie de points, une constellation numérique, passée au tamis de puissants algorithmes, pour donner vie à une saisissante modélisation 3D. 

Ces travaux de cartographie et de documentation topographique ont été menés par l’architecte Yves Ubelman, co-fondateur de la start-up française Iconem, spécialisée dans les technologies numériques au service du patrimoine en danger. Ils se rendent ainsi dès 2015 en Syrie, à Palmyre, dès le départ des djihadiste de l’organisation Etat islamique, puis à Alep pour effectuer un relevé précis des ruines de la vieille ville.

Des images et des données mises au service de l’exposition Cités Millénaires. Transformées en images de synthèses et en reconstitutions numériques, ces données nous entraînent dans un voyage à travers temps et espace. 

Balade fantomatique au milieu des ruines 

Le visiteur est invité à une flânerie fantomatique au coeur de la mosquée des Omeyyades, chef-d’oeuvre de l’art mamelouk, érigée il y a plus de 13 siècles. Le minaret, entièrement détruit par les barbares de Daech, se redresse sous les yeux du visiteur. A Mossoul, on observe en surplomb, les abords chaotiques du fleuve Tigre, ravagés de cratères par la folie des hommes. 

Image 3D de la cour de la mosquée des Omeyyades, Alep, Syrie
Image 3D de la cour de la mosquée des Omeyyades, Alep, Syrie

Plus loin, les pas du visiteur sont pressés sous les coupoles magistrales de la cathédrale Notre Dame de l’Heure. Soutenue de puissants piliers de marbres, cette architecture aux teintes ocres et bleues contemple les ravages commis au sol par les fous de Daesh. 

Les équipes d’Iconem se sont également associées aux spécialistes du jeu vidéo pour produire des images numériques.Après avoir baladé leurs perches photographiques et fait voler leurs drones au milieu des décombres, Yves Ubelmann et ses équipes ont demandé à l’éditeur de jeux-vidéo, Ubisoft, de leur prêter main forte pour refaire sortir du vide, ces cités jadis puissantes, carrefours d’une modernité passée.

Connues notamment pour les reconstructions historiques époustouflantes de leur série de jeux Assassin’s Creed, les équipes d’Ubisoft ont redonné vie au temple gréco-romain de Baalshamin, situé à Palmyre et ravagé par les milices de Daesh. C’est l’évocation tragique et poétique d’un temple, tout en transparence, qui nous donne à voir l’image holographique d’un monument aujourd’hui rendu à la poussière.

Le temple de Baalshamin lors de sa restauration en 1954
Le temple de Baalshamin lors de sa restauration en 1954

Une consolation par l'image

En réalité, cette exposition opère un travail de consolation par l’image, une réconciliation entre un monde perdu, dévoré par les barbares, et l’espoir d’une réhabilitation de ces glorieuses cités .

Ces images, factices mais présentes, nous aident à penser l’époque actuelle, comme un interstice, une entaille passagère dans la vie millénaire de ces monuments sacrés. Elles nous aident à faire le deuil d’une catastrophe arrivée de main d’homme.  Elles nous permettent d'espérer la restauration de ce patrimoine inestimable de l'humanité. 

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