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Photo prise par un drone d'un champ de canola en Allemagne

Drones: piloter l'agriculture de demain

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Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à recourir à des innovations de pointe pour les aider dans leurs travaux. Parmi ces nouvelles technologies, le drone joue un rôle essentiel pour analyser et compiler des informations sur les parcelles.

Photo prise par un drone d'un champ de canola en Allemagne
Photo prise par un drone d'un champ de canola en Allemagne Crédits : RALF HIRSCHBERGER / DPA - AFP

Des innovations pour l'agriculture de demain

Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à faire appel à des technologies de pointe pour les seconder dans leurs travaux. En réalité, le monde agricole a toujours été friand, au moins pour ses plus gros exploitants, d’innovations et de technologies permettant de faciliter un travail exigeant. 

On peut d’ailleurs rappeler qu’aujourd’hui, près de 80% des agriculteurs utilisent internet, soit plus que la moyenne des français, qui est elle de 74%. Mais une nouvelle vague se développe ces dernières années, en se fondant notamment sur la technologie des objets connectés et du big data pour opérer une révolution silencieuse: celle de l’agritech. 

Sur des marchés devenus mondiaux, des sociétés proposent d'accompagner les agriculteurs dans la gestion économique de leurs parcelles, en utilisant notamment un agrégat de données, qui sont ensuite analysée par des algorithmes et qui fournissent des indications précieuses sur la récolte ou la vente de la moisson.

Une innovation au sol, comme dans les airs

Jusqu’alors développés par l’armée, puis utilisés pour le loisir, ces aéronefs télépilotés connaissent depuis quelques années un nouvel usage: en survolant les champs, ils permettent de déterminer la santé et les besoins des plantes présentes sur la parcelle. 

Une fois en l’air, le drone opère comme un véritable laboratoire volant: il embarque caméras et capteurs et peut estimer la biomasse, le stress hydrique ou encore effectuer une simple imagerie de la parcelle. Grâce à des caméras infrarouge, il peut aussi déceler le niveau d’azote ou de chlorophylle des plantes. 

Autant d’informations essentielles pour l’agriculteur, qu’il devait jusqu’alors prélever manuellement et qui lui permettent d’effectuer une cartographie des besoins en eau, en azote ou en engrais de ses plantes pour les traiter en conséquence.

Drones agricoles: un service très demandé par les agriculteurs

Cette technologie est très appréciée par les agriculteurs notamment grâce au prix assez faible demandé pour l’expertise des parcelles. Ainsi, l’un des leaders du secteur, le français Airinov demande entre 10 et 15 euros par hectare, ce qui permet aux paysans, et notamment aux céréaliers, de bénéficier de cette analyse sans se ruiner. 

L’entreprise travaille aujourd’hui avec près de 10 000 agriculteurs et 500 000 hectares ont déjà été analysés par ses drones. Airinov propose même, moyenne un coût allant de 5000 à 10 000 euros selon le type de drone, de former les agriculteurs pour leur permettre d’obtenir une licence et devenir opérateur de drones à leur tour. Le but est ainsi de permettre le passage du savoir-faire pour la généralisation d’une pratique utile pour les agriculteurs. 

Car ces analyses ne permettent pas seulement une réduction des coûts: selon une étude de la coopérative OCEALIA, dans l’ouest de la France, le rendement des récoltes analysées par un drone augmenterait de 10% par rapport à une exploitation standard.

Une diffusion du savoir-faire au delà de la France

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), une organisation internationale de développement, qui intervient dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, a vu dans le développement d’une agriculture de précision, un potentiel et une opportunité énorme.

L’organisation a donc financé la venue en France de sept entrepreneurs, originaires du Ghana, de Tanzanie, d’Ouganda, du Bénin et de RDC et qui ont été formés pendant une semaine dans les locaux de la startup Airinov, pour faire d’eux les ambassadeurs de cette technologie dans leur région d’origine.

Mais si l’utilisation du drone en Afrique Subsaharienne représente une perspective alléchante pour le développement d’une agriculture de précision, plus efficace et plus respectueuse de l'environnement, elle fait cependant encore face à des réglementations parfois très strictes ou, pire encore, à l’absence totale de régulation...

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