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Ancienne tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Kalkar en Allemagne, reconvertie en parc d'attraction en Allemagne

Le fantôme de l'atome

3 min
À retrouver dans l'émission

Le gouvernement vient de lancer une consultation publique pour définir la feuille de route énergétique de la France. Mais ce grand débat laisse volontairement de côté la question la plus explosive: celle du nucléaire, sur laquelle le gouvernement continue d'entretenir le flou.

Ancienne tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Kalkar en Allemagne, reconvertie en parc d'attraction en Allemagne
Ancienne tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Kalkar en Allemagne, reconvertie en parc d'attraction en Allemagne Crédits : PATRIK STOLLARZ / AFP - AFP

Le ministre de la transition écologique a lancé lundi une grande consultation publique dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie. Instaurée par la loi de transition énergétique portée par Ségolène Royal en août 2015, la PPE est un outil de pilotage de la politique énergétique de la France. 

Cette programmation vise à établir une feuille de route pour atteindre les objectifs de long terme que la France s’est fixés en matière de transition énergétique, à savoir la neutralité carbone, la diminution de la consommation d’énergie ou encore la réduction de 30% des énergies fossiles et la montée en puissance du renouvelable dans le mix énergétique.

Le nucléaire lui, fait l’objet d’un flou savamment entretenu par le gouvernement. Depuis l’annonce, en novembre dernier, de Nicolas Hulot que la France ne tiendra pas son objectif de réduction de la production électrique à 50% d’origine nucléaire d’ici à 2025, il n’y a plus de ligne clairement défendue par le gouvernement. 

Le nucléaire oublié

Eh bien plus ou moins. Si, sur le papier, cette PPE fait la part belle à la démocratie participative, aux réunions d’informations en régions et autres ateliers de controverse pour intégrer les citoyens dans le processus de programmation, le fait même que la question la plus explosive, le nucléaire, soit laissée de côté interroge sur la pertinence et l’effectivité de cette consultation.

Ainsi, dans le dossier de cadrage remis par le ministère, on ne trouve même pas de véritable scénario d’évolution de la consommation d’énergie. Et aucun chapitre n’est consacré au nucléaire, alors qu’il y en a un pour toutes les autres énergies.

Non. On peut seulement lire dans ce dossier que le gouvernement souhaite “atteindre dès que possible l’objectif de réduction à 50% la part d’électricité d’origine nucléaire”. Et que le “rythme de fermeture des réacteurs nucléaires doit être cohérent avec l’évolution de la demande d’électricité et de la dynamique de progression des énergies renouvelables et du parc thermique”... un jargonnage administratif qui illustre parfaitement que quand on veut ne rien faire, il vaut mieux ne rien dire. 

Un signal avait toutefois été envoyé à l’automne, lors de la présentation par RTE, filiale d’EDF, gestionnaire du réseau de transport d’électricité, de cinq scénarios. Le ministère n’en avait retenu que deux, ceux qui maintenaient le nucléaire aux niveaux les plus élevés. L’argumentaire est alors bien connu : il s’agit avant tout d’empêcher le recours à des centrales thermiques pour compenser la baisse du nucléaire. Emmanuel Macron a annoncé de son côté qu’il n’excluait pas la construction de nouveaux réacteurs.

Le nucléaire, un sujet explosif

Oui, une coalition d’ONG et d’associations s’est d’ailleurs rassemblée sous la bannière du Réseau Action Climat, qui dénonce un “débat tronqué” et un manque d’ambition politique. Mais ce constat sévère n’est cependant pas nouveau. 

Le Conseil économique, social et environnemental porte lui aussi un jugement très sévère sur la politique énergétique française ou plutôt sur l’absence de politique en la matière. Pour la troisième chambre, le pilotage national est jugé peu lisible et peu efficace, entraînant des tâtonnements erratiques, changeant au gré des majorités et de l’actualité. 

Il faut dire que le nucléaire reste en France un sujet explosif. Associé dans l’imaginaire collectif à la puissance et à l’indépendance de la France. Toute remise en cause de l’atome est vécue comme une mise en péril de la grandeur de la France. Pourtant toutes les études sont formelles : le développement des énergies renouvelables dépend avant tout de la place laissée par le nucléaire. Les financements n’étant pas illimités, c’est de l’allocation des investissements et donc de la volonté politique que dépendra la réussite de la transition énergétique.

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