LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Des pêcheurs japonais sur le point de dépecer une baleine dans le port de Wada

L'homme, prédateur du grand large

3 min
À retrouver dans l'émission

"Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés", voilà qui pourrait définir le rapport qui lie la nature à l'homme. Un nouveau rapport de chercheurs américains démontre en effet le rôle central de l'homme dans la sixième extinction de masse qui touche notamment les bêtes de l'océan.

Des pêcheurs japonais sur le point de dépecer une baleine dans le port de Wada
Des pêcheurs japonais sur le point de dépecer une baleine dans le port de Wada Crédits : AFP / JIJI PRESS/FILES - AFP

C’est une créature redoutable qui ratisse et moissonne le fond des océans pour satisfaire son appétit insatiable. Dépourvue de branchies, sans aileron ni nageoire, elle règne pourtant sans partage sur la terre et les flots, imposant son empire à tous les animaux. Ce prédateur tout puissant, vous l’aurez compris, c’est l’homme. 

Présent sur toutes les mers du globe, l’homo sapiens améliore chaque jour ses outils, agrandit ses bateaux, rallonge ses filets pour pêcher toujours plus de poissons et crustacés. Et une fois les poissons de surface épuisés, les hommes se sont tournés vers les profondeurs, pour piocher dans une nature jusqu’alors préservée. Des créatures du fond des mers ont alors fait leur apparition sur les étals avant de disparaître, elles aussi, par la voracité de l’homme. 

C’est notamment le cas de l’Empereur, qui a quasiment disparu de l’Atlantique Nord, alors que sa capture à l’échelle commerciale ne remonte qu’aux années 1980. Un poisson qui peut pourtant vivre jusqu’à 150 ans. Il a donc été décimé en une génération, sans qu’on ait laissé le temps aux individus de se reproduire. 

L’homme à l’origine de la sixième extinction de masse

Alors qu’il avait fallu la puissance d’un astéroïde pour entraîner la chute des dinosaures il y a 66 millions d’années, c’est cette fois l’homme, dans toute sa splendeur, qui est le déclencheur de ce carnage. 

Ainsi, le taux d’extinction actuel serait de 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel, en fonction des espèces. Et c’est bien l’homme qui est le principal responsable de ces disparitions en milieu marin. Des chercheurs américains ont ainsi montré, dans la très sérieuse revue Science, que la menace d'extinction qui pèse sur les espèces marines est étroitement liée à leur taille.

Or si ces disparitions étaient uniquement liées au changement climatique, elles toucheraient de manière aveugle grosses et petites bêtes de la mer. Comme l’expliquent les chercheurs, “la seule raison possible à cette sélection reste donc l’exploitation du système marin par l’homme et la surpêche”. 

La baleine, en voie de disparition

On pense notamment à la baleine, aujourd’hui en voie d’extinction. Le plus gros animal de la création est aujourd’hui largement menacé en dépit des mesures de protection et de l’interdiction de pêche instaurée en 1986. Car c’est bien sûr la chasse qui est le premier facteur de mortalité pour les grands cétacés. En dépit des interdictions, la chasse baleinière se poursuit, et ce sont plus de 1 000 baleines qui sont tuées chaque année par des marins d’Islande, de Norvège ou du Japon. 

Le Japon milite d’ailleurs activement au niveau international pour réautoriser la pêche commerciale de la baleine. Il effectue ainsi sans relâche cette proposition au sein de la Commission baleinière internationale, qui régule la chasse à la baleine depuis plus de 70 ans et réunit 89 Etats membres. 

La délégation nippone a ainsi présenté une motion lors de la dernière réunion de la commission baleinière, le 14 septembre dernier, afin de mettre un terme au moratoire de 1986, mais le texte a été torpillé par une coalition de pays anti-chasse, parmi lesquels l’Australie, l’Union européenne et le Etats-Unis. 

Un camouflet pour le Japon, qui a menacé de quitter la Commission “si les preuves scientifiques n’étaient pas respectées et la chasse commerciale à la baleine totalement niée”. 

Le Japon en tête de croisade

Une position difficile à comprendre, alors-même que les Japonais ne mangent presque plus de baleine. Et si officiellement les autorités japonaises prétendent chasser la baleine pour des raisons scientifiques, c’est en réalité un prétexte pour contourner la décision d’interdire la chasse commerciale, qui vient d’ailleurs d’être déclarée illégale par la cour internationale de justice. 

Une condamnation que le gouvernement nippon a balayé d’un revers de main, expliquant que la chasse à la baleine était une tradition millénaire. L’interdire reviendrait à porter atteinte à la culture japonaise. Il faut dire que l’homme sait se montrer créatif pour justifier sa toute puissante mainmise sur le vivant, y compris quand celle-ci menace sa propre subsistance...

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......