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Dès le 6 août, plus de 1000 drapeaux rien que dans le district de Jung-Gu de Séoul incitent au boycott des produits japonais

Japon - Corée du Sud : l'autre guerre commerciale

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En limitant aujourd'hui l'accès de la Corée du Sud à des dizaines de produits, Tokyo porte un nouveau coup à l'un de ses premiers partenaires commerciaux. Les deux Etats - en froid diplomatique - s'infligent depuis juillet des restrictions commerciales inédites : qui en pâtit le plus ?

Dès le 6 août, plus de 1000 drapeaux rien que dans le district de Jung-Gu de Séoul incitent au boycott des produits japonais
Dès le 6 août, plus de 1000 drapeaux rien que dans le district de Jung-Gu de Séoul incitent au boycott des produits japonais Crédits : Jung Yeon-je - AFP

"Un signe que l'ordre mondial que nous avons connu s'effondre" : c'est ainsi que la spécialiste des marchés asiatiques Deborah Elms a qualifié sur CNBC l'exclusion aujourd'hui par Tokyo de la Corée du Sud de sa liste des "pays de confiance", c'est-à-à dire exemptés d’autorisation pour les produits sensibles. 

Pas question de droits de douanes mais Tokyo veut frapper fort en limitant des approvisionnements cruciaux pour l'industrie de pointe de son troisième partenaire commercial.

C'est une expression nouvelle de la tension diplomatique latente entre les deux pays. Cette querelle historico-politique, parfois territoriale, a gagné en intensité ces derniers mois sous l'influence de deux facteurs : le rapprochement diplomatique entre les deux Corées qui inquiète Tokyo et le fait que de grandes entreprises japonaises soient directement visés par a justice sud-coréenne pour leur complicité dans l'exploitation sexuelle des femmes coréennes durant la seconde guerre mondiale. 

Dès juillet le Japon imposait à Séoul de premières restrictions sur des produits chimiques touchant les fabricants d’électronique coréens, Samsung ou LG-Electronics. Réciproquement en Corée, le Japon a été retiré de la liste blanche des partenaires « fiables », un boycott populaire des produits nippons a même été mis en place. 

Les firmes électroniques sud-coréennes sont de très grandes firmes qui ont des besoins d'investissement et de capitaux énormes. Ce sont des industries très cycliques qui peuvent avoir des retournements de compte d'exploitation relativement dangereux. Cela a été le cas de Hynix dans le passé, moins de Samsung... Donc les Coréens souffriront plus que les Japonais - Jean-Yves Colin 

La Corée s'inquiète pour son industrie de pointe, électronique notamment (Samsung, LG, Hynix). Le gouvernement tente d'éviter une rupture d'approvisionnement avec l'annonce en juillet 760 millions d'euros pour produire nationalement les composants chimiques désormais inaccessibles, puis en août d'un "Victory Fund" privé de 30 milliard de dollars pour soutenir les industries qui fabriquent ces équipements. 

L'impact sur l'économie japonaise n'est cependant pas négligeable : une baisse de 7,5 % des entrées de touristes sud-coréens sur un an, de 45 % pour les importations de bière japonaise, de 30 % pour les ventes automobiles. Sans donner de chiffre, l’enseigne de vêtements Uniqlo se plaint aussi d’une baisse des ventes en Corée. 

Hong Kong : la compagnie aérienne Cathay Pacific est sous la pression de Pékin et de ses propres employés 

La situation se complique pour cette compagnie possédée en partie par Air China et par un fonds britannique et qui vient d’interdire les manifestations devant son siège. 

Depuis juillet, l’Aviation civile chinoise lui impose de suspendre ses salariés qui participent aux manifestations, mais le zèle de la compagnie à renvoyer ses salariés, dont des pilotes et hôtesses, lui vaut aussi des accusations de « terreur blanche » de la part de la Fédération des Syndicats de Hong-Kong HKCTU. 

Après déjà 14 licenciements et la démission de son Directeur Général britannique Ruppert Hogg, une des compagnies asiatiques les plus réputées et parmi les mieux cotées en bourse accumule des signes inquiétant, l’action baisse depuis juillet : aujourd’hui de 1,75 %.  

Les GAFAM entrent en guerre contre la taxe numérique française

Ce sont les trois premiers : Google, Amazon et Facebook, qui dans un communiqué commun hier soir ont de nouveau qualifié la taxe sur les industries numériques – 3 % sur le chiffre d’affaire en France – de « discriminatoire pour les entreprises américaines ». 

Les entreprises ont aussi dénoncé l’accord franco-américain de la veille au G7, pour mettre en place avec l'OCDE une formule internationale de la taxe. 

Cette accord prévoierait un remboursement des entreprises lésées, en cas d’un taux international plus bas que le taux français appliqué : « vague promesse » avancent les opérateurs.

Intervenants
  • Chercheur à Asia Centre, spécialiste de l'économie et la finance du Japon
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