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Homme lisant le journal à Sydney

Un média, en veux-tu en voilà

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Les offres d'informations se multiplient ces dernières semaines, en se concentrant notamment sur les médias d'opinion et de niche.

Homme lisant le journal à Sydney
Homme lisant le journal à Sydney Crédits : DAVID HANCOCK - AFP

De nouveaux médias ne cessent de se créer ces dernières semaines, et notamment dans ce qu’on appelle la presse d’opinion. 

On a ainsi suivi le lancement très médiatisé et très commenté de Le Média à la rentrée, ce pure player qui revendique son ancrage à gauche et qui rassemble de nombreux proches de la France insoumise, dont l’ancienne responsable de la comm de Mélenchon, Sophia Chikirou.

Mais de l’autre côté de l’échiquier aussi, se lancent de nouveaux médias qui revendiquent ouvertement un fort ancrage idéologique. Les chroniqueurs politiques, Eric Brunet, Gilles-William Goldnadel et André Bercoff ont ainsi lancé cet hiver un site d’information, appelé La France libre ainsi qu’une web tv, portant le même nom et qui revendique vouloir lutter contre le “politiquement correct” et le “camp du bien”. Je cite. 

Ce que nous dit l’éclosion de tous ces médias engagés

Pour le sociologue des médias, Jean-Marie Charon, interviewé par le Figaro, il s’agit d’une tendance de fond. Selon lui, la fragmentation et la remise en cause des médias mainstream offre un boulevard à des journaux engagés et qui se revendiquent comme tel. 

Alors que la première moitié du XXe siècle avait vu le déclin de la presse d’opinion, au profit de journaux revendiquant une plus grande neutralité, on assiste aujourd’hui à un retour du journalisme d’engagement. Les citoyens veulent désormais savoir d’où parlent les journalistes… notamment pour savoir si c’est bien à eux qu’ils parlent. 

On peut en effet considérer que cette fragmentation de l’offre correspond à un morcellement croissant des publics. Ces nouveaux médias s’adressent à un lectorat plus restreint, qu’ils comptent fidéliser en leur apportant une ligne aussi proche que possible de leurs convictions. 

A cet égard le grand chamboule-tout des dernières élections, ne semble pas totalement étranger à ce phénomène puisqu’ont émergées à cette occasion de nouvelles forces politiques, qui veulent un canal direct pour parler à leurs sympathisants. 

Un média par force politique?

En réalité, la multiplication des projets éditoriaux n’est pas seulement liée à l’affiliation politique. Il est aussi nécessaire de s’intéresser aux nouveaux usages pour comprendre la création de médias comme XXI, AOC, Loopsider et les autres. 

Toutes ces nouvelles offres, ont pour volonté d’offrir un nouveau type d’information, plus ciblé, plus approfondi. Comme l’explique Jean-Marie Charon dans cette même interview, “le numérique, qui a permis une multiplicité des supports et entraîné une omniprésence de l’information, entraîne aussi une forme de redondance et de superficialité dans les messages passés”. 

Une évolution qui nous interroge sur l’avenir des médias 

Le sujet de l’omniprésence des médias et de la bataille pour conquérir de nouveaux publics est d’ailleurs au coeur du premier roman de Nicolas Gaudemet, qui s’intitule La fin des idoles. Cet ouvrage, écrit par un ancien insider du système médiatique et audiovisuel, nous plonge dans la guerre des télés et les aléas de la société du spectacle, envahie d’écrans et de marques, à la conquête de nos désirs et de nos pensées. 

Dans la société décrite par Nicolas Gaudemet, on voit s’affronter chantres des neurosciences et psychanalystes auto-proclamés, pour capter l’attention et le temps de cerveau disponible d’individus, passés au crible des nouvelles méthodes de marketing.

On y suit une jeune neuroscientifique tenter de libérer le public des manipulations des marques et de le guérir de son addiction aux écrans, de son obsession pour la célébrité. 

Cette critique sévère d’un environnement dont il fut l’acteur, nous interroge avant tout sur le lien entre citoyens, lecteurs et téléspectateurs d’un univers médiatique en pleine recomposition. 

Avec l’émergence de nouveaux médias qui revendiquent ouvertement s’adresser à des publics et des individus ciblés, on se demande en réalité si cela ne préfigure par la guerre des égos et la guerre pour les égos, décrite par l’auteur dans La fin des idoles...

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