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La guerre 1/5 : Qu’est-ce que la guerre civile ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Toute cette semaine, la guerre nous occupe. Aujourd’hui, nous recevons la philosophe Ninon Grangé , qui vient de publier Oublier la guerre civile ? (Vrin). Elle réfléchit depuis plusieurs années à la notion problématique de guerre civile. Ses recherches remontent à l’Antiquité et démontrent l’oubli et l’impensé de cette notion fondamentale.

Ninon Grangé
Ninon Grangé Crédits : Radio France

L’histoire d’aujourd’hui c’est l’histoire d’un oubli. Un oubli sémantique, donc un impensé, l’oubli de la notion grecque de stasis , difficilement traduisible, ou incorrectement recouverte par la notion de guerre civile. « Le politique est arrimé à l’oubli des braises de la stasis » écrit Ninon Grangé, arrimé à l’ignorance volontaire de la guerre de la cité contre elle-même. Ceci éclairerait à la fois les avantages à ne pas penser la cité comme nécessairement fondée sur le conflit, la division mais aussi la non-reconnaissance, du multiple qui existe sous l’unité. Partant du constat et de l’analyse cet oubli, elle décide d’utiliser le concept de stasis , en s’appuyant sur la richesse et l’instabilité du mot, et défend l’idée qu’il nous permet de dépasser la division artificielle entre guerre civile et guerre extérieure, sachant que l’on préfère dire qu’on mène la deuxième plutôt que la première.

Dévoiler sans pudeur la composante primitive de la guerre que serait l’amplification du duel fratricide, augmenterait nos possibilités de comprendre la guerre, et envisager le politique comme acceptation et organisation du conflit.

Ninon Grangé est enseignante chercheuse en philosophie à l’Université Paris 8.

Les Nouvelles Vagues ne viennent pas de nulle part, et souvent on ne sait pas toujours ce qui nous a fait changer de cap ou comprendre les choses différemment. C’est pourquoi, tous les jours, nous proposons à quelqu’un de sonder ses souvenirs à la recherche de ces moments de bascule. Cette semaine, c’est la jeune plasticienne Astrid de La Chapelle qui se prête à l’exercice. Aujourd’hui, elle nous parle du tournant que constitue pour elle le visionnage du film La ligne rouge de Terence Malik sorti en 1998. Le film (de guerre, justement) lui permet de comprendre qu'elle pourra s'exprimer par l'image et que l'inconfort du langage avec les mots n'est pas insoluble. Bonne nouvelle. Vers 16h50.

Programmation musicale :

  • Mansfield TYA, Gilbert de Clerc

  • Antonio Vivaldi, Juditha triumphans , RV 644 : Arma caedes vindictae furores (1ère partie) Chœur

Intervenants
  • Agrégée et docteure en philosophie, maîtresse de conférence à l'université Paris 8.
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