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La guerre (4/5) : Prose conflictuelle

58 min
À retrouver dans l'émission

Quatrième étape d’une semaine qui regarde la guerre. Aujourd’hui, la guerre est dans le texte. Nous recevons la romancière Marie Cosnay , auteure de Cordelia, la guerre (éditions de l’Ogre). Elle propose une relecture du Roi Lear par le prisme d’une intrigue politico-mafieuse où se mêlent migrations, trafics et luttes pour le contrôle du territoire, sur fond de guerre étouffée.

Cordelia la guerre
Cordelia la guerre

C’est la quatrième étape de notre semaine thématique autour de la guerre. Lundi, avec la philosophie, nous rappelions la non-nouveauté de toute guerre, et l’importance à considérer la crise archaïque de la cité, pour la comprendre. Mardi, nous parlions deux très beaux documentaires, qui, s’ils ne permettent pas de la comprendre, permettent en tous cas d’en regarder certains aspects. Hier, mercredi, jeux de guerre, jeux sur la guerre, et interactions avec les bien réelles politiques et industries militaires.

Aujourd’hui : littérature !

« C’est la guerre ». Plusieurs paragraphes, débutent ou se terminent par cette affirmation, qui précipite un décor, fait débouler un monde d’associations d’images, demande à ce que chacun, chacune, lecteur, lectrice, attrape ce que ce mot-là appelle. Car c’est un mot et parler suffit à faire dérailler. Cordelia, la guerre prend le drame Shakespearien du Roi Lear comme trame, et couds par dessus, par dessous, sans omettre les trous, et les espaces noirs. Que dit le drame ? Le vieux roi Lear réunit ses trois filles. Il se retire du pouvoir et veut partager son royaume. La plus large part sera offerte à celle qui saura dire le mieux son amour pour son père. Cordelia, contrairement à ses sœurs, décide d’être honnête et d’avouer à son père qu’une partie de son amour, sera bientôt offerte à l’homme qu’elle choisira. Lear la déshérite. Clap de début. La fille préférée porte la guerre.

Dans ce livre de Marie Cosnay, Cordelia devient la guerre elle-même, cette surface où ça tombe, s’écroule, ou réfléchit. Elle devient une femme-homme- soldat. D’autres guerres se mènent en parallèle. Et si rien ne peut venir de rien, l’origine de celles-ci, la désignation de l’ennemi, leurs géographies, savoir qui est qui, demeure parfois dans l’obscurité de la violence ou du poème.

C’est une expérience de lecture, où la littérature elle-même semble s’être mise en guerre, ou en tous cas très en mouvement, ce qui n’est pas pareil. Travailler ses puits noirs, ses cachettes. Repousser la rationalité et les faciles résolutions. Le langage comme autre surface, où l’on tombe, s’écroule et réfléchit.

Les Nouvelles vagues ne viennent pas de nulle part, et souvent on ne sait pas toujours ce qui nous a fait changé de cap ou comprendre les choses différemment. C’est pourquoi, tous les jours, nous proposons à quelqu’un de sonder ses souvenirs précisément à la recherche de ces moments de bascule qui peuvent en être l’origine. Cette semaine, c’est la jeune plasticienne Astrid de La Chapelle qui se prête à l’exercice. Elle évoque aujourd’hui sa découverte de l’ile de Pâques, au moment de la lutte des Rapanui . Fondement ou réveil des formes de son engagement. C'est Au singulier, vers 16h45 !

Programmation musicale : -Petite Noir, best -Petite Noir, plage 1 -André Minvielle, La vie d'ici bas

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