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La langue (1/5) : "Je tombe sans mot jusqu'au jour"

58 min
À retrouver dans l'émission

Premier moment d'une semaine thématique autour de LA LANGUE. Aujourd'hui, nous évoquons différents enjeux liés à la langue que l’on parle, celle avec laquelle on écrit, celle que l’on apprend à l’école, celle dans laquelle on est désigné par l’autre. Autant de questions posées par Zahia Rahmani dans son Musulman « roman » paru en poche, dans la nouvelle collection poche Sabine Wespieser.

Zahia Rahmani
Zahia Rahmani Crédits : Radio France

Peut-être le rapport à la langue maternelle est-il toujours une histoire de perte, encore faut-il avoir ensuite, les outils, la liberté, l’amour pour la reconquérir, la retrouver, et la perdre autrement.Une nuit, une enfant de cinq ans fait un rêve. Elle rêve des éléphants, se réveille affolée, dans le couloir obscur elle parle à sa mère des animaux transparents qui l’effrayaient en songe, elle lui parle, mais elles ne se comprennent pas. La petite fille et ses parents ont quitté l’Algérie, où ils vivaient et parlaient dans une langue dite minoritaire : le berbère. Quand ils arrivent en France, elle l’oublie, au profit de ce qu’elle appelle la langue de l’Europe : le français. Ce songe elle s’en souvient des années après, alors qu’elle est détenue par un régime qui la juge nuisible et la désigne par un seul mot, devenue opaque et menaçant, « musulman ». Comment peut-on parler la langue de l’autre, et s’y forger une liberté quand la langue de l’autre contraint, assigne, étouffe ? Comment peut-on parler et connaître répondre de son nom, quand son nom n’est pas prononcé, et qu’on ignore que lui aussi est pétri de langue étrangère ? La langue, c’est à la fois ce qui sert à poser les questions, « De qui suis-je issue ? », « A qui vais-je transmettre » mais c’est à la fois, une réponse à elle seule.

Si rien ne console de ce qui a eu lieu, si l’enfance se vit collée à une langue dont il faut se défaire comme d’une peau pour en entendre d’autres, la littérature, et l’art sont de possibles terrains de liébration.

Notre invitée Zahia Ramani est auteure et responsable d'un programme de recherches à l’INHA "L’art et la mondialisation". Son texte "Musulman" roman, paru en 2005, paraît dans la nouvelle collection de poche de Sabine Wespieser éditeur le 7 mai prochain.

Vers 16h45, ici chaque jour, notre discussion se suspend pour laisser place au récit d'un moment marquant. Cette semaine ce sont cinq jeunes gens, du de l’espace dynamique d'insertion Cesame. Ils ont entre 20 et 35 ans, et ont trouvé à Cesame, et via les différentes ateliers, ou initiatives... de quoi relancer ou solidifier leur parcours, fragile ou fragilisé pour différentes raisons.Aujourd'hui c'est Thibault, 23 ans, qui évoque sa découverte d’un plateau de théâtre. Un jour, alors qu’il effectue un stage au sein de la régie du Théâtre 95, il surprend une répétition. Des comédiens proclament des vers de Racine. Il est estomaqué et se découvre une vocation. Tirade, vers 16h45.

Programmation musicale : - Bristol : "nothing else"- IDIR : "a vava inouva"- Aït Menguellet : "Awkni xdae rabbi"

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