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La Pensée (1/5) : Celui qui pense

59 min
À retrouver dans l'émission

Nous ouvrons cette semaine à la pensée. Aujourd’hui, première réflexion avec l’écrivain Pascal Quignard qui publie ces jours-ci Mourir de penser (Grasset), le neuvième tome de son cycle Dernier royaume , commencé il y a douze ans.

Pascal Quignard
Pascal Quignard Crédits : Radio France

Premier moment d’une semaine entièrement consacrée à la pensée. Nous venons d’expliquer que les nouvelles vagues choisissaient chaque semaine un objet, un thème, pour l’éclairer en cinq temps, par cinq disciplines différentes. Mais comment éclairer quelque chose qui bouge ou plus précisément encore : comment éclairer quelque chose qui est le mouvement, qui est un aller-retour, qui est le lien ou la tension invisible. La tâche est d’autant plus délicate quand on considère que le mouvement qui est la pensée, est impulsé par ce qui manque, et frôle l’impensable. Tâche d’autant plus délicate, quand il faut s’en acquitter avec le langage devant lequel l’essentiel a déjà fugué.

Peut-être, puisqu’on en meurt, peut-on partir de ceux qui sont morts de penser ou d’avoir pensé. Le chien d’Ulysse, Spinoza, Socrate ne renonçant pas à son daimôn, Locronan tenant à son ombre, pour penser ce qu’est penser. Peut-être peut-on observer les traces que laisse la pensée une fois qu’elle est passée, observer le chat qui se dirige vers elle comme vers un point de chaleur, observer la solitude ou la séparation d’avec les autres qu’elle implique ou qu’elle organise, mais aussi la joie, la volupté et l’extase qu’elle peut provoquer.

Pascal Quignard publie " Mourir de penser", le neuvième tome de son cycle Dernier Royaume.

En fin d’émission, les nouvelles vagues se conjuguent au singulier. Chaque jour, nous demandons à quelqu’un de décrire avec des mots les moments pourtant peu dicibles que sont les basculements, heures marquantes de nos rencontres avec certaines œuvres ou certains lieux. Le peintre Romain Bernini se prête à l’exercice toute cette semaine. Aujourd’hui il évoque son arrivée à la Villa Médicis à Rome et son entrée dans l’atelier qui devenait le sien pour plusieurs mois. C’est un atelier qu’avait notamment occupé, avant lui, le peintre Jean Auguste Dominique Ingres. Tâches de couleur sur le sol, vers 16h45.

Programmation musicale:

-Benjamin Clementine, "Condolence"

-Eric Cervera, "Sand in the eyes"

-Silvano Michelino, "Wildstreets"

  • John Blow, "Vénus et Adonis", dirigé par René Jacobs
Intervenants
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