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La pensée (2/5) : La pensée qu'on fragilise

59 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième moment d’une semaine consacrée à la pensée. Que se passe-t-il lorsque l’on fragilise ceux qui pensent ? Aujourd’hui la voix sociologique de Cyprien Tasset, doctorant à l’EHESS, évoque le groupe social des « intellectuels précaires », aux contours flous.

Cyprien Tasset
Cyprien Tasset Crédits : Romain De Becdelièvre - Radio France

Hier, le mot intellectuel n’a pas été prononcé, aujourd’hui c’est aux intellectuels précaires que l’on s’intéresse. Depuis une bonne dizaine d’années un certains discours médiatique, et plusieurs livres ont participé à la création de groupes sociaux en dehors de la sociologie et que la sociologie s’est empressé de problématiser ou de critiquer. Parmi eux, les « intellos précaires ». Quasiment au même titre que les bobos ou les classes créatives qui ont connu d’autres succès médiatiques, leur détermination sociale réelle et leur homogénéité est aussi floue que leur détermination morale et la puissance de leur représentation est prégnante. S’arrêter à cette faiblesse scientifique ne doit pas empêcher de se demander si cette classe sociale existe, à l’intérieur et en dehors de l’université française. Depuis quand ? Quelle est sa réalité économique ? Quelle sont ses possibilités de mobilisation et de soulèvement ? Et puis encore, qu’est-ce que l’on fragilise lorsqu’on fragilise ceux qui cherchent, pensent, écrivent ou inventent ?

On procédera en deux temps, en passant du signe à la chose. Du groupe nominal, des représentations au groupe réel.

Cyprien Tasset est sociologue à l’EHESS, il prépare une thèse sur les intellectuels précaires sous la direction de Luc Boltanski. Il est l’auteur avec Thomas Amossé et Mathieu Grégoire, d’un rapport de recherche pour le CEE « Libres ou prolétarisés ? Les travailleurs intellectuels précaires en Ile-de-France ».

En fin d'émission, une vague d'émotions. Convaincus que les pensées nouvelles, prennent leur source et leurs appuis sur des émotions fondamentales, nous demandons à quelqu’un chaque jour de nous décrire une de ces révolutions intimes. Le peintre Romain Bernini se prête à l’exercice jusqu’à vendredi. Aujourd’hui, il évoque un concert de Rostropovitch et le rapt de deux places juste devant la scène. Sidération et prélude de Bach vers 16h45.

Programmation musicale :

  • Dream , Rachmaninov, op.38, soprano Eva Fiechter, pianiste Victoria Harmandjieva

  • The Five Royales, Think

  • Bach, Suite nº5 en ut min , Mstislav Rostropovitch

  • Fennesz, A year in a minute

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