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Le corps (2/5) : « Nous avons montré nos culs et trouvé que c’était un excellent métier »

58 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd’hui, le corps est exposé. Nous sommes Avec l’écrivaine et danseuse Alice Roland . Son roman A l’œil nu (P.O. L), investit à la première personne l’espace du peep-show, et propose une réflexion sur les corps désirés, les corps instruments, la fabrique de « l’hétérosexualité de pacotille ». L’évolution du rapport au corps de la danseuse sera aussi au centre de notre discussion.

Alice Roland
Alice Roland Crédits : Radio France

Aujourd'hui, nous sommes dans la ville X, boulevard E. Non loin d'une rocade qui comme toute les rocades est jouxtée d'un petit désert de ville. Un club de striptease s’appelle A l’œil nu . Ce que l'on ne voit pas à l'œil nu, c'est le désir de danse de quelques stripteaseuses que les clients transforment en désir tout court dans l'isoloir illusoire. On ne voit pas le détail ou l'intérieur d'un sexe quand on parle pourtant de « chatte » à tout bout de champ. On ne voit pas non plus l’amour entre deux femmes, mais la tendresse d’un vieil homme rond qui caresse les pieds d’une des filles. Il faut attendre quelques pages pour que l'invisible à l'œil nu se fasse une place dans le théâtre de papier du livre. Plusieurs années après l’avoir quitté, une ancienne stripteaseuse revient sur les lieux du club, devenu une ruine éventrée. Si le club ne tient plus debout, il faut construire un autre espace, c’est le livre qui contient les histoires de chacun. La narratrice parle avec ses anciennes collègues ou leur demande de lui écrire, de lui raconter. D’abord il y a peu de corps, il y a plus de sperme que de sexe, et on parle de jouissance pour l’éjaculation, pas pour le plaisir. Il y a un règlement intérieur, du mobilier, un patron, un caissier, des cabines, un bar, des tarifs, des suppléments. Mais un corps ça finit toujours par passer, même par passer d’un être à un autre, donc des corps, on finit par en lire.

Alice Roland est l’auteur d’A l’œil nu ,paru aux éditions POL, en 2014, elle est aussi danseuse.

Nous pensons que les nouvelles vagues de pensées, d'action, de création se fondent sur des moments marqués des émotions fortes. Chaque jour à la fin de l'émission, nous demandons à quelqu'un de sonder ses souvenirs à la recherche de ce genre de moments. Cette semaine c'est le paysagiste Louis Benech qui se prête à l'exercice. Il raconte aujourd'hui, une bascule tête à l'envers dans la cour de l'internat à La Rochelle qui lui fait voir la cour d'une autre façon. Le ciel devient le sol : inversion des motifs, vide et calme vers 16h45.

Programmation musicale :

  • Funkadelic, Free your mind and your ass will follow

  • Joseph Racaille, Barbie Girl

  • Mykki Blanko, Feeling special

L'équipe
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