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La réalisatrice et romancière française d'origine argentine Nelly Kaplan pose, le 16 février 2005 à Paris, après avoir reçu la cravate de Commandeur des Arts et des Lettres.

Nelly Kaplan : "L'objectif du cinéma, c'est le regard"

10 min
À retrouver dans l'émission

L’écrivaine et réalisatrice est morte jeudi à l’âge de 89 ans dans un hôpital de Genève. En 1967, la cinéaste Nelly Kaplan sortait "Le regard Picasso". "En mettant la caméra à la place du peintre, j'ai voulu être le regard Picasso", expliquait-elle en 1967 dans l'émission "D'un jour à l'autre".

La réalisatrice et romancière française d'origine argentine Nelly Kaplan pose, le 16 février 2005 à Paris, après avoir reçu la cravate de Commandeur des Arts et des Lettres.
La réalisatrice et romancière française d'origine argentine Nelly Kaplan pose, le 16 février 2005 à Paris, après avoir reçu la cravate de Commandeur des Arts et des Lettres. Crédits : FRANCOIS GUILLOT - AFP

Nelly Kaplan, réalisatrice franco-argentine de La Fiancée du Pirate (1969), est décédée jeudi matin du Covid-19 à l'âge de 89 ans. Depuis la mort de son compagnon, cette passionnée de poésie et réalisatrice de documentaires résidait dans une maison de repos où elle a contracté le Covid-19.

Dans l'émission "D'un jour à l'autre" de Jean Chouquet en 1967, la cinéaste Nelly Kaplan parle de son film Le regard Picasso, primé au Festival de Venise. Après avoir vu l'immense exposition consacrée à Picasso au Grand Palais, réunissant nombreuses de ses œuvres venues du monde entier, Nelly Kaplan a voulu montrer à l'écran le processus créatif du peintre : "Comme disait Rimbaud, le tour de bonté serait plus long à revenir qu'une étoile. J'ai compris que c'était le moment de faire une sorte d'inventaire de 75 ans de création ininterrompue."

Pour ce film, Nelly Kaplan choisit un dispositif particulier, afin de placer le spectateur comme directement dans l'œil de l'artiste. Picasso, lui-même, n'apparaît pas à l'écran. Seules ses œuvres sont visibles : 

J'ai essayé de me substituer en regardant tous ses tableaux et la manière dans laquelle Picasso les a fait. J'essayais très humblement de me mettre à sa place, c'est-à-dire à travers la rage avec laquelle il peint souvent cette sorte de d'orgie de couleurs, et l'insolence avec laquelle il détruit complètement tout ce qu'on a cru jusqu'à présent et qui devait être la peinture. Alors, mettant la caméra à sa place, j'ai voulu être le regard Picasso. Nelly Kaplan

Afin de ne pas "trahir le tableau", la cinéaste a particulièrement été attentive au rendu des couleurs : "On a dû travailler énormément au moment de la prise de vue et pendant le tirage des laboratoires pour rétablir la qualité et la couleur, exactement comme dans l'œuvre originale. Picasso a vu le film. Il l'a même vu trois fois et il était très, très content, justement, de cette fidélité."

Afin de ne pas faire de ce film un inventaire, un "musée mort", Nelly Kaplan compose, saisit et s'adapte au geste créateur du grand peintre espagnol : 

En regardant toute son œuvre, j'ai compris qu'il y avait une sorte de leitmotiv chez lui qui revenait dans des ordres très divers. Donc, j'ai divisé le film presque par sujets. Il y a toute une série, ce n'est que des baigneuses où il y a le peintre et son modèle, le cubisme, les natures mortes, les sculptures. Quand on montre un tableau cinéma, si on montre un détail de ses tableaux, il faut aussi montrer le tableau en son entier parce que sinon, il a une sorte de trahison. Nelly Kaplan

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