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Des centaines de milliers de personnes assistent, le 13 février 1962 à Paris, aux obsèques des huit victimes des violences policières au métro Charonne, lors de la manifestation du 8 février en faveur de la paix en Algérie.

Didier Daeninckx : "J’ai compris que quand on se tait on devient complice"

37 min
À retrouver dans l'émission

2015 |La Nuit rêvée de Didier Daeninckx, premier entretien de l'écrivain qui explique son choix d’archives, du Groupe Octobre à Simenon en passant par la militante espagnole Pepita Carpena.

Des centaines de milliers de personnes assistent, le 13 février 1962 à Paris, aux obsèques des huit victimes des violences policières au métro Charonne, lors de la manifestation du 8 février en faveur de la paix en Algérie.
Des centaines de milliers de personnes assistent, le 13 février 1962 à Paris, aux obsèques des huit victimes des violences policières au métro Charonne, lors de la manifestation du 8 février en faveur de la paix en Algérie. Crédits : Afp / stf - AFP

Si Aubervilliers est son port d'attache, Didier Daeninckx voyage dans le temps et l'espace avec, dans son bagage génétique, l'anarchisme et le communisme de ses grands-pères. Les luttes, les combats et les crimes du 20ème siècle hantent bon nombre de ses récits. Il sait l'importance et la fragilité de leur mémoire. Vigilant, quand certains de la plus ultragauche s'accordent à ceux de la droite extrême pour tenter d'assassiner cette mémoire, Daeninckx nous rappelle que le rouge teinté de brun pourrait donner une très sale couleur à notre présent. 

Il avoue écrire sans se prendre pour un écrivain et se demande s'il écrit assez, en ne cessant jamais de le faire depuis plus de trente ans. Son dernier roman a pour titre Caché dans la maison des fous. Cette maison des fous , c'est l'hôpital de Saint-Alban en Lozère, berceau de la psychiatrie institutionnelle et refuge pour tous ceux que traquaient les nazis et Vichy pendant l'Occupation.

Fidèle au monde ouvrier et à l'esprit du Front Populaire, Didier Daeninckx nous fait revivre dans sa Nuit rêvée l'histoire du Groupe Octobre. On y voit exposées les photographies de Willy Ronis, avec lequel il signa À nous la vie et Belleville-Ménilmontant, et on y évoque, avec Pepita Carpena, la résistance au franquisme du rêve catalan. On y entend aussi Georges Simenon, admiré aujourd'hui comme hier par l'auteur de Main courante.

Dans cet entretien en trois parties, Didier Daeninckx revenait sur les origines de son activité d'écrivain : 

J’ai compris que quand on se tait on devient complice … les hasards de la vie m’ont fait entrevoir des épisodes de l’histoire contemporaine donc j’ai vu des choses que normalement on aurait dû me dérober au regard. Je pense que ces choses il faut les restituer ce sont des blocs de réalité qui nous manque… si ils sont occultés, ils disparaissent du regard. Ce sont, par exemple, des choses qui datent de la guerre d’Algérie : la disparition d’une voisine, une amie de ma mère, Suzanne Martorell lors d’une manifestation. Elle a été tuée le 8 février 1962 à Charonne.

Il poursuivait : 

Il y a ces histoires lointaines qui sont à grande distance de ma propre existence et qui pourtant me concernent au plus haut point et qui si jamais elles ne sont pas élucidées, me rendent la vie difficile…

Ecouter la 2ème partie de l'entretien, la dernière

  • Production : Albane Penaranda 
  • Réalisation : Virginie Mourthé, Lise Côme
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour 
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France

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