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La plante au cri qui tue. Mandragore officinale. Recueil de figures de plantes colorées.

Dits et récits - La Mandragore

16 min
À retrouver dans l'émission

Par une nuit sombre, à la 11e heure, une jeune fille accompagnée d’un chien noir se dirige vers le gibet où a été pendu un innocent un vendredi... Que va-t-elle faire ? Creuser la terre de ses mains pour en faire surgir une créature mystérieuse : une plante à la forme et à l’haleine humaine...

La plante au cri qui tue. Mandragore officinale. Recueil de figures de plantes colorées.
La plante au cri qui tue. Mandragore officinale. Recueil de figures de plantes colorées. Crédits : BnF, Arsenal, Ms-2808, f. 7r. Gallica (BnF).

Magiciens, sorcières, souffleurs ou illuminés : ce sont là quelques-uns des noms que l’on donna jadis à ceux qui par divers procédés imaginatifs tentèrent de faire comme Dieu, c’est-à-dire de créer la vie, de donner forme et souffle à un être semblable à l’homme, mais qui pourtant ne serait pas né de la semence mêlée de l’homme et de la femme. Ainsi naquirent les légendes de l’homonculus ou du Golem qui empruntaient beaucoup de leurs traits aux esprits des eaux, des bois ou des airs qui nourrissaient le fantastique populaire. Dans la vaste rêverie qui s’ébauche autour de la création de cet être au-delà de l’humain, la frontière qui sépare le monde végétal du monde animal s’estompe comme si la plante pouvait miraculeusement accéder au statut du vivant. 

En témoigne la mandragore et l’étrange liturgie qui s’élaborer autour d’elle, comme le raconte Achim von Arnim dans son récit merveilleux Isabelle d’Egypte

Bella est la fille du roi des Bohémiens et en quête de pratiques magiques, elle découvre dans un livre un moyen d’avoir la racine mandragore grâce à laquelle elle aura en partage l’argent et le pouvoir et aussi l’amour de son bien-aimé. L’entreprise, pour une jeune et fragile jeune fille, demande un courage surhumain. Il faut aller la nuit, à la 11e heure précisément, escortée d’un chien noir, sous le gibet, à l’endroit où un pendu innocent a laissé tomber ses larmes dans l’herbe. Là, elle doit se boucher soigneusement les oreilles avec du coton et chercher à tâtons jusqu’à ce qu’elle mette la main sur la racine. Alors, en dépit de tous les cris de cette racine, qui n’est point naturelle mais qui est l’enfant des larmes innocentes du pendu, elle doit lui découvrir la tête, l’entourer d’une cordelette faite de ses cheveux, y atteler le chien noir puis s’enfuir de telle sorte que le chien dans son désir de la suivre arrache la racine… Et alors il est immanquablement tué par une compulsion du sol accompagné d’un éclair… Si à ce moment qui est décisif on n’a pas bien bouché ses oreilles, on peut être instantanément rendu fou par le cri.

Mais Bella était la seule personne chez laquelle, depuis des milliers d’années, fussent réunies toutes ces conditions...

D’après Isabelle d’Egypte, le conte romantique d'Achim Von Arnim (1812)

  • "Dits et récits - La Mandragore", par Claude Mettra
  • Réalisation : Michèle Prudhon
  • 1ère diffusion : 17/04/1994
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