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Alain Cuny à Rome en 1975.
Épisode 5 :

Alain Cuny : "Mon objectif ce serait de tenir l’objectif de toutes mes forces"

26 min
À retrouver dans l'émission

Entretiens avec Alain Cuny 5/5. Dans ce dernier entretien le comédien évoque le retentissement qu'aurait dû avoir selon lui "Les Visiteurs du soir", l'importance de sa rencontre avec l'oeuvre de Claudel, et sa volonté d'adapter "L'Annonce faite à Marie" au cinéma.

Alain Cuny à Rome en 1975.
Alain Cuny à Rome en 1975. Crédits : Photo by Mario Notarangelo/Mondadori via Getty Images - Getty

S'il y a des archives radiophoniques qui, plus que d'autres, méritent d'être archivées, et surtout écoutées, les cinq entretiens accordés par Alain Cuny à Fernande Schulmann en 1975 sur France Culture appartiennent à cette catégorie. 

Passionnant autant que les précédents, le cinquième et dernier entretien de la série en est le plus passionné. La fureur du comédien y rencontre celle de l'auteur qui disait l'avoir attendu vingt ans, Paul Claudel, dont l'œuvre a été au centre de la vie d'Alain Cuny. Au détour d'une phrase, dans la conversation, le comédien fait surgir de Tête d'Or les mots de Claudel. C'était au milieu des années 70 et Alain Cuny avait déjà la volonté d'adapter L'Annonce faite à Marie au cinéma.

Mon objectif ce serait de tenir l’objectif de toutes mes forces. Et j'aurai besoin de toutes mes forces. Et ce film fait, si jamais j'y arrive, mais c'est une iniquité que je n'y parvienne pas, c'est une grande faute de civisme de la part de ceux de qui je dépends. Une fois que ce sera fait, et bien je courrai les routes.

Avant de disparaître en 1994, il concrétisera enfin ce désir, réalisant un film à propos duquel, Chris Marker lui écrivit : "Depuis combien de temps n'avais-je pas éprouvé cette espèce d'allégresse physique qui surgit quand quelque chose a bougé en vous pendant le temps d'une projection ? ". C'est un peu cette sorte allégresse que l'on ressent à l'écoute de ce cinquième entretien dans lequel Alain Cuny disait aussi, magnifiquement, ce qu'il pensait du film Les Visiteurs du soir .

À propos de Mai 68 il disait avec passion :

Je ne me console pas, il n'y a pas de jour, il n'y a pas de jour, que je ne suinte du sang de ne pas avoir pris part à Mai 68. J'étais parti pour le Japon. Car je leur aurais dit à tous ces garçons et toutes ces filles qui providentiellement ont fait craquer cette bouffissure bourgeoise, je leur aurais dit qui était Claudel et j'aurais été parmi eux. Et je n’aurais pas dû, comme d'ailleurs je ne suis pas mécontent tout de même d'y être arrivé, être amené à me passer de tout dans une solitude d'un certain point de vue désertique.

  • Par Fernande Schulmann - Avec Alain Cuny
  • Entretiens avec Alain Cuny 5/5 (1ère diffusion : 09/01/1976)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
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