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Le compositeur et pianiste Francis Poulenc dans les années 50.

Francis Poulenc : "Nul ne me joue mieux qu’Horowitz et comme Arthur Rubinstein me joue bien !"

40 min
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1953 |"Je ne suis pas sévère, je suis lucide", disait-il à propos de son oeuvre. Francis Poulenc évoque sa relation au piano et ses amitiés musicales avec les membres du Groupe des Six. Entretiens avec Francis Poulenc : Parties 3 et 4 (1ère diffusion : 27/10/1953 et 03/11/1953 Paris Inter).

Le compositeur et pianiste Francis Poulenc dans les années 50.
Le compositeur et pianiste Francis Poulenc dans les années 50. Crédits : ARCHIVES / AFP - AFP

En 1953, Francis Poulenc donnait une série d’entretiens au micro de Claude Rostand sur Paris Inter. L’écoute de ces heures de discussions passionnantes avec le compositeur permet de partager ses pensées sur son œuvre et ses amis, parmi lesquels les compositeurs du Groupe des Six. Dans les troisième et quatrième volets, il abordait sa relation au piano, en tant qu’interprète et en tant que compositeur et il évoquait ses amitiés musicales avec Georges Auric, Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Louis Duret, Darius Milhaud.

A propos du piano :

Le piano était à la base de ma formation musicale, j’ai commencé à l’âge de cinq ans. Je me débrouillais assez bien. En 1914, à quinze ans je voulais travailler sérieusement. A cette époque Ricardo Viñes était le seul virtuose qui osait jouer de la musique moderne. Cette rencontre avec Ricardo Viñes fut capitale pour moi, je lui dois tout !

Ses compositions pour le piano : 

C’est parce que je connais trop bien l’écriture pianistique que j’ai raté beaucoup de mes pièces. L’habileté, les trucs, les ficelles suppléent hélas souvent à un véritable intérêt musical. Je pense très sincèrement que ma musique de piano n’est ni si bien que le prétendent les virtuoses ni, tout de même si moche que l’ont écrit certains de vos confrères. La vérité est entre les deux. Ce qu’il y a d’étrange c’est que dès que le piano devient accompagnement de mélodie, alors j’innove…

Il insistait sur l’importance des pédales : "On ne mettra jamais assez de pédale dans mon piano" et avouait : "Nul ne me joue mieux qu’Horowitz et comme Arthur Rubinstein me joue bien !"

Puis il faisait la liste de ses oeuvres qu’il tolérait et de celles qu’il condamnait : "je ne suis pas sévère, je suis lucide", pour terminer par un conseil : "Si les pianistes faisaient confiance à mes mouvements métronomiques, très soigneusement établis par moi, bien des malheurs seraient évités".

Francis Poulenc évoque ensuite ses amis musiciens du Groupe des Six. En premier lieu Georges Auric, son frère spirituel, que lui présenta Viñes. Raymonde Linossier, écrivain surréaliste, grande amie, se joignait souvent à eux. Puis vint la rencontre avec Arthur Honegger en 1916 puis celle avec Germaine Tailleferre en 1917.

Germaine Tailleferre était une compositrice extraordinairement douée, mais je regrette qu’elle n’ait pas sorti d’elle-même tout ce qu’une Marie Laurencin, par exemple, a su tirer de son génie féminin.

Il évoque Louis Duret, et enfin Darius Milhaud, un "coup de foudre" d’amitié.

Ces entretiens avec Francis Poulenc sont extraits d’une série en dix-huit parties diffusée du 27 octobre 1953 au 16 février 1954 sur Paris Inter. 

  • Par Claude Rostand
  • Entretiens avec Francis Poulenc : Parties 3 et 4 (1ère diffusion : 27/10/1953 et 03/11/1953 Paris Inter)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

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