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Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay rentrent au Panthéon en mai 2015

Germaine Tillion : "A Ravensbrück les Françaises étaient révoltées, nous sommes un peuple un peu anarchiste par nature"

30 min
À retrouver dans l'émission

En 1975, Germaine Tillion était au micro de Claude Frère pour une série de cinq entretiens. Dans le deuxième d'entre eux, elle témoignait de ce qu'avait été sa captivité au camp de Ravensbrück durant la seconde guerre mondiale.

Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay rentrent au Panthéon en mai 2015
Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay rentrent au Panthéon en mai 2015 Crédits : Yann Caradec via wikimédia/CC

Aujourd'hui, personne ne peut plus ignorer qui fut Germaine Tillion ; ignorer ce que fut son action de résistante au sein du Réseau du musée de l'Homme, et ce dès les premiers jours de l'Occupation. On sait aussi ce que fut son travail d'ethnologue en Algérie et, durant la guerre d'indépendance de ce pays, ses interventions auprès des autorités morales et politiques de Métropole pour que cessent la torture et les exécutions.  

En 1975, Germaine Tillion était au micro de Claude Frère pour une série de 5 entretiens. Dans le deuxième d'entre eux, elle témoignait de ce qu'avait été sa captivité au camp de Ravensbrück. Dans cette émission elle disait combien le totalitarisme nazi, par sa nature même, avait dépassé en monstruosité tous les autres systèmes politiques répressifs, tout en affirmant sa conviction qu'aucun peuple n'était à l'abri du mal. Un "mal", dont elle parlait ainsi en 2007, un an avant sa disparition à plus de cent ans : "Au terme de mon parcours je me rends compte combien l'homme est fragile et malléable. Rien n'est jamais acquis. Notre devoir de vigilance doit être absolu. Le mal peut revenir à tout moment, il couve partout et nous devons agir au moment où il est encore temps d'empêcher le pire."  

Elle racontait ce qu'elle avait observé à Ravensbrück des relations entre les différentes nationalités :   

Un camp de concentration c’est mille camps de concentration superposés. Il y a des différences de conditions extraordinaires d'un bloc à l'autre et d'une ancienneté à l'autre. Par exemple, une prisonnière qui est là depuis trois ou quatre ans, et qui a pu survivre trois ou quatre ans, elle a acquis une espèce de défense, de ruse pour échapper à la mort. Or il se trouve que les prisonnières les plus anciennes à Ravensbrück, étaient les Polonaises, Allemandes, Tchèques (...) et longtemps après les Françaises. 

et précisait :

C'était une des raisons pour lesquelles les Françaises étaient en position de faiblesse (...) et elle ne savaient pas l’allemand, or le fait de savoir l'allemand était aussi une forme de protection, relative. La troisième chose était que les Françaises étaient souvent citadines, peut-être un peu plus fragiles, plus fragiles, et nous ne recevions que très rarement des colis. (...) Ce qui fait qu'il y avait un affaiblissement physiologique et puis il y avait aussi le fait que les Françaises étaient particulièrement révoltées, peu disciplinées, nous sommes un peuple un peu anarchiste par nature.(...) S'habituer ? Moi, je ne me suis jamais habituée.

Dans cet entretien elle tentait également de répondre à la question : Comment devient-on SS ?

  • Production : Claude Frère
  • Réalisation : Marie-Hélène Lacoste
  • Entretiens avec Germaine Tillion, 2ème partie : Ravensbrück (1ère diffusion : 17/06/1975)
  • Lecture Nathalie Nerval
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
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