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Montgomery Clift (1920-1966) dans "Une place au soleil" avec Elizabeth Taylor, de George Stevens en 1951.

François Guérif : "On a mythifié James Dean et pas Montgomery Clift, mais c’est un James Dean puissance 10"

1h30
À retrouver dans l'émission

1993 |L'émission les "Mardis du cinéma" proposait en 1993 "Le long regard de Montgomery Clift", une analyse de la courte mais éblouissante carrière du comédien qui joua avec Elizabeth Taylor ou John Wayne dans des films d'Hawks, Hitchcock, Mankiewicz, Kazan, Huston, Stevens (1ère diffusion : 20/04/1993).

Montgomery Clift (1920-1966) dans "Une place au soleil" avec Elizabeth Taylor, de George Stevens en 1951.
Montgomery Clift (1920-1966) dans "Une place au soleil" avec Elizabeth Taylor, de George Stevens en 1951. Crédits : Hulton Archive/Getty Images - Getty

Avec son regard d'une aveuglante transparence, Montgomery Clift apporte au cinéma américain une véritable révolution dans la conception du rôle masculin et ce, bien avant James Dean ou Marlon Brando, qui reconnaîtront d'ailleurs son influence. 

Dès son premier film (Red River, d'Howard Hawks, 1948) et plus encore dans A place in the sun (G. Stevens, 1951) avec Elizabeth Taylor, il impose l'image de l'anti-héros mélancolique, réservé et comme porteur d'un brûlant secret. Acteur typiquement new-yorkais -par opposition à l'exubérance hollywoodienne- ce dandy négligé a tourné avec les plus grands : John Huston (The Misfits et Freud) Joseph Mankiewicz (Soudain  l'été dernier), Alfred Hitchcock (La Loi du silence) ou Elia Kazan (Wild River). 

Dans From here to Eternity (Tant qu'il y aura des hommes) de Fred Zinneman, il tient le rôle d'un ex-champion brimé par son capitaine, parce qu'ayant décidé de raccrocher ses gants après avoir blessé un ami au combat, il refuse de faire partie de l'équipe de boxe de sa compagnie ; c'est encore le profil caractéristique du boxeur sensible et introverti qu'il adopte. 

Sa courte vie -il est mort à quarante-cinq ans- qu'on a pu qualifier de "plus long suicide de l'histoire du cinéma", est marquée par un grave accident de voiture qui va le défigurer et donner à son visage, au beau milieu de sa carrière, l'apparence d'un masque animé par l'intensité de ses yeux d'azur vert. "Le long regard de Montgomery Clift" proposait un montage d'entretiens avec les critiques et les comédiens Michel Ciment, François Guerif, Hugo Marsan, Hugo, Macha Meril, et Robin Renucci.

François Guérif comparait Montgomery Clift à James Dean et Marlon Brando : 

On a mythifié James Dean et pas Montgomery Clift, en France et même aux États-Unis, mais c’est un James Dean puissance 10. C’est-à-dire la fameuse image de James Dean marchant sous la pluie et la solitude, Clift multiplie cela. Pourquoi il n’a pas été mythifié ? C’est parce que cette image-là ce n’est pas du folklore, et du coup sa douleur est telle, comme Kazan le dit, sa douleur est telle, que finalement ceux qui le regardent ont du mal à le regarder parce qu'elle est gênante, il y a une telle détresse... c’est quasiment unique dans l’histoire du cinéma. 

  • Production : Jacques Munier
  • Réalisation : Claude Giovannetti
  • Mardis du cinéma - Le long regard de Montgomery Clift (1ère diffusion : 20/04/1993)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

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