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Georges Brassens Une
Épisode 6 :

Georges Brassens : "Je ne peux travailler qu’avec des amis"

54 min
À retrouver dans l'émission

En 1958, Luc Bérimont s'entretenait avec Georges Brassens, curieux de découvrir si le succès fulgurant du chanteur avait transformé sa manière de vivre et de penser, depuis leur dernière entrevue, trois ans auparavant.

Georges Brassens répétant avec son chien, dans une chambre, 1950
Georges Brassens répétant avec son chien, dans une chambre, 1950 Crédits : Henri Elwing - AFP

En 1958, Georges Brassens répondait avec humour et un apparent détachement, aux questions de Luc Berlimont sur son possible "embourgeoisement" et sur les transformations que le succès avait pu provoquer dans sa vie et ses projets. Le chanteur évoquait sa relation avec son public, entre satisfaction d’être aimé et regret d’avoir perdu la liberté de l’anonymat.

Quand je chante une chanson, je la chante avec une certaine conviction, si elle plait à tout le monde tant mieux, si elle ne plait qu’à quelques-uns tant mieux aussi, c’est très bien d’ailleurs. "C’est plus difficile de plaire à deux",  je ne sais plus qui disait ça. Je crois que c’est le Père Hugo ou Valéry, enfin un poète. C’est plus difficile de plaire à dix personnes qu’à mille.

Brassens refuse d'être "ce bonhomme qui voulait scandaliser les gens à tout prix."

Ce dont je me défends, c’est d’avoir écrit des chansons malsaines, déshonnêtes. Je n’ai jamais fait ça pour scandaliser qui que ce soit ou pour plaire à qui que ce soit. J’ai écrit ça en toute innocence parce que ça m’amusait, parce que je pensais que c’était dans la tradition de nos mœurs, de nos coutumes du terroir.

Si on me compare à Villon c’est parce que je me suis beaucoup inspiré de lui. Mais aussi de La Fontaine qui ressemble à Villon.

Brassens raconte son expérience du cinéma avec René Clair. A propos de son image dans le film Porte des Lilas, il souligne les différences entre son rôle, inspiré par un "faux Brassens", et sa vraie personnalité. Un film qu’il a accepté, sans avoir lu le scénario, par amitié pour René Fallet et Pierre Brasseur. Une expérience qui ne l'a pas convaincu : "on ne m’a pas trouvé génial, mais je n’ai pas paru ridicule."

En me voyant au cinéma, je ne me suis pas trouvé très bon, mais je ne me suis pas trouvé laid, enfin pas si laid que ça, je ne me suis pas non plus trouvé beau, enfin je ne suis pas répugnant à regarder. Mais je ne me suis pas tellement reconnu non plus.

Je ne peux travailler qu’avec des amis.

Le cinéma m'a appris que la chanson était une très belle chose. Il m'a appris qu'écrire soi-même ses chansons, écrire la mélodie et les chanter en public, avoir le contact direct avec lui, était une chose rare, que cette chose je l'avais et qu'il fallait que je m'y tienne. 

"Si je n’avais pas cette moustache je passerais inaperçu", le chanteur regrette non pas son succès auprès du public mais d'être trop vite reconnu dans les lieux publics. Il se cache. Les gens qui l'abordent "sont gentils, mais ils ne savent pas qu’ils sont cinq cents." "Brassens me fatigue un peu..."

Le chanteur évoque son amour des animaux : "Je ne suis pas misanthrope. J’aime les animaux parce que je suis curieux, j’aime les regarder vivre."

Peut-être que vieillir est un embourgeoisement, vous ne croyez-pas ? Six ans ont passé, dès qu’on vieillit, on a un air un peu plus respectable.

  • Par Luc Bérimont 
  • Réalisation : Hélène de Labrusse
  • La parole est à la nuit - Georges Brassens (1ère diffusion : 09/05/1958 Chaîne Parisienne)
  • Rédaction Web : Véronique Vecten, Documentation de Radio France
  • Archives Ina-Radio France
Intervenants
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Avec la collaboration de
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