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Des membres des FFI dans la rue Saint-Jacques le 22 août 1944

"La moitié de nos camarades sont morts..." Deux résistants témoignent après la Libération de Paris

10 min
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Le 25 août 1944, Paris était enfin libérée du joug allemand. Une semaine plus tard, le 1er septembre 1944, le journaliste Pierre Crénes rencontrait deux jeunes résistants qui étaient sur le front, à 200 mètres des lignes ennemis. Voici leur témoignage exceptionnel.

Des membres des FFI dans la rue Saint-Jacques le 22 août 1944
Des membres des FFI dans la rue Saint-Jacques le 22 août 1944 Crédits : AFP

Août 1944. Six-mille soldats du Reich sont encore dans les murs de la capitale quand l’insurrection éclate. Du 19 au 25 août 1944, des combats incertains s’engagent, qui auraient pu se solder par un bain de sang. Paris n'avait plus d'intérêt tactique mais le Général de Gaulle avait bien compris la force symbolique de cette bataille.

Lorsque le journaliste et résistant Pierre Crénes est enfin libre, il comprend la nécessité de recueillir les témoignages de ses camarades qui ont participé la guerre durant la résistance et à la libération de Paris. Il y a Fred, appelé "Gaston" dans son réseau, et Martine dite "Suzette", 21 ans, agente de liaison. Tous deux racontent à son micro "quelques histoires qui n'éclaireront personnes", car certains se battaient encore et il ne fallait pas les compromettre. 

Dans mon secteur, qui était le secteur protégé par excellence, puisque nous étions dans l'entourage du président du Conseil national de la Résistance, nous avons eu un minimum de 50 pour cent de pertes, la moitié de nos camarades de la première heure ou de la dernière qui sont tombés, qui sont disparus. Et je pense tout particulièrement en cette heure à mes chers amis qui sont en Allemagne. A mon camarade Ducrot, à Duchêne, à Brassier, à Garnier et encore à nos chères amies Noëlle, Françoise qui elles aussi ont subi la torture comme les autres et n'ont rien dit." Fred, dit "Gaston"

Martine, dite "Suzette", a porté durant deux années des plis dangereux comportant des renseignements militaires. Les trains qu'elle empruntait étaient constamment surveillés. L'arrestation signifiait la mort.

J'ai commencé il y a plus de deux ans, d'un service social d'abord, puis ensuite j'ai été agent de liaison. J'avais constamment des plis dangereux dans les poches. Plusieurs de mes camarades ont été arrêtés. Martine, dite "Suzette"

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