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Légende : Des femmes viennent déposer une gerbe pour la femme du soldat inconnu le 26 août 1970 à Paris, Place de l'Etoile
Épisode 1 :

Bibia Pavard : "Dans les années 70, le projet féministe est révolutionnaire : il vise à saper les fondements de la société capitaliste et patriarcale"

22 min
À retrouver dans l'émission

Le MLF est né il y a un tout petit peu plus de 50 ans. Comment raconter un mouvement qui fut divers, riche et pluriel ? L'historienne Bibia Pavard, co-auteure de "Ne nous libérez pas, on s'en charge, Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours", ouvre cette nuit d'archives.

Près de la place des Fêtes à Paris, manifestation à l'appel du MLF pour le droit à l'avortement et à la contraception, le 25 novembre 1972.
Près de la place des Fêtes à Paris, manifestation à l'appel du MLF pour le droit à l'avortement et à la contraception, le 25 novembre 1972. Crédits : afp - AFP

Pour nous aider à comprendre la portée historique du Mouvement de Libération des Femmes et ses résonances contemporaines, nous accueillons pour ouvrir cette nuit d’archives, Bibia Pavard, l'une des trois co-auteures de Ne nous libérez pas, on s'en charge, Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours (La Découverte, 2020). 

Les années 1970, c’est un moment où les féminismes produisent beaucoup de symboles, de revendications, avec un regard très radical. Le projet est révolutionnaire et vise vraiment à saper les fondements de la société bourgeoise, capitaliste, patriarcale, pour proposer autre chose. Cela fait la spécificité de ce moment.

Bibia Pavard raconte la naissance de ce mouvement né d'un ensemble de revendications, d’actions, de principes politiques qui se développent partout en France dans le sillage de mai 68. 

En 1979, la création d'une association par Antoinette Fouque, et même le dépôt d'une marque "MLF" à l'Institut National de la Propriété Intellectuelle fut une source de conflits, et marqua en un sens la fin du mouvement. Mais au-delà des frictions finales et de la pluralité des positions et des tendances qui a toujours existé au sein du Mouvement, Bibia Pavard souligne aussi les constantes et les élémnts communs, notamment l’humour insufflé aux actions, ainsi que l'accent mis sur la réalité sociale de l’oppression : les viols, les violences, notamment.

Elle analyse ce qu’il y a de nouveau aujourd’hui dans les féminismes. On constate des continuités, des ruptures, des spécificités, notamment avec le mouvement #MeToo :  

Le moment #MeToo s’inscrit dans une forme de continuité avec les années 1970, puisque ces revendications autour des violences faites aux femmes ont émergé et se sont développées dans les années 1970, puis se sont poursuivi dans les années 1980 et 1990. (...) Mais il y a par ailleurs de toute évidence un renouveau dans la communication, avec la circulation rapide permise par internet et avec ce que l'on peut appeler le "féminisme de hashtag", qui permet d’agréger des témoignages sur les réseaux sociaux. #MeToo permet ainsi de rendre visibles ces violences. C'est un effet de renouveau assez spectaculaire.

  • Par Mathilde Wagman 
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour 
  • Indexation web : Sandrine England et la Documentation Sonore de Radio France
  • La Nuit des féminismes 2/2 : Voix du MLF - Entretien 1/3 avec Bibia Pavard (1ère diffusion : 14/02/2021)
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Marie-Jo Bonnet : "En mai 68, les filles étaient mises de côté : on comptait pour du beurre"
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  • Historienne, maîtresse de conférences à l’Université Paris 2 Panthéon Assas.
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