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Épisode 4 :

Ionna Vasilakopoulou : "L’Orient-Express qui relie Paris à Constantinople a créé des déceptions."

35 min
À retrouver dans l'émission

La Grèce antique, extrêmement valorisée dans la culture européenne, a longtemps occulté la réalité de la Grèce contemporaine. Du récit de René de Chateaubriand à ceux des voyageurs du vingtième siècle, "La Fabrique de l'histoire" évoque cette confrontation entre imaginaire et pays réel.

La SNCF a rénové minutieusement plusieurs voitures de l'Orient-Express, exposées à la Gare de L'Est
La SNCF a rénové minutieusement plusieurs voitures de l'Orient-Express, exposées à la Gare de L'Est Crédits : Raphaël Ebenstein - Radio France

Ionna Vasilakopoulou rappelle l'importance du récit de voyage de Chateaubriand entre Paris et Jérusalem, qui passe par la Grèce en 1806. Un récit qui deviendra un modèle pour tous les voyageurs romantiques du dix-neuvième siècle. 

Edmond About, normalien, quant à lui, publie en 1854 La Grèce contemporaine et renforce encore la dichotomie entre Grèce antique et Grèce contemporaine. Ce n'est qu'en 1860 que les travaux scientifiques et littéraires réussissent à montrer les liens entre ces deux entités. Le grec moderne est valorisé et par là même, le peuple moderne. 

Ionna Vasilakopoulou s'étonne : "L’Orient-Express qui relie Paris à Constantinople a créé des déceptions."

En 1882, le train de l'Orient-Express relie Paris à Constantinople. Edmond About écrit un récit de voyage de Pontoise à Istanbul, dans lequel il regrette un peu ce confort, cette modernité. Et c’est ça qui est paradoxal.

Nicolas Surlapierre, commissaire de l'exposition "La Grèce des modernes : l'impression d'un voyage, les artistes, les écrivains et la Grèce (1933-1968)" rappelle l'intérêt des nazis pour la Grèce à partir de 1933. Et le manque de structures touristiques. Il évoque une forme d’archaïsme et de brutalité de l’hospitalité grecque.

Dans les écrits des artistes et des écrivains, on se rend compte que le voyage en Grèce, les infrastructures hôtelières sont lacunaires. C'est encore un voyages aventureux, un peu périlleux. Il y a encore un goût d'aventure qu'il n'y a plus vraiment en Italie au vingtième siècle.

Simone de Beauvoir raconte en 1937 :

Nous sommes montés à dos de mulet au temple de Bassae. Nous avons gagné, en car Sparte, où il n'y avait rien à voir, et Mystra. Nous avons dormi sur le sol d'un palais démantelé. Quand nous avons ouvert les yeux, cinq ou six visages encadrés de fichus noirs se penchaient vers nous avec perplexité.

Avec Ioanna Vasilakopoulou, Nicolas Surlapierre et Jean-Yves Boriaud - Lectures Perrine Kervran.

  • Production : Anaïs Kien et Emmanuel Laurentin
  • Réalisation : Christine Robert
  • La Fabrique de l’histoire - Le Voyage en Grèce : les voyageurs français entre antiquité et modernité. (1ère diffusion : 06/06/2007) 
  • Indexation web : Véronique Vecten, Documentation sonore de Radio France

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