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Épisode 6 :

Marcello Mastroianni : "Le personnage de Marcello, dans 'La Dolce Vita' ressemble à Platonov d’une manière extraordinaire, pour cette nécessité de l’homme moderne à trouver une raison de vivre"

30 min
À retrouver dans l'émission

1960 |Cette émission exceptionnelle du ‘Masque et la Plume’ était enregistrée à Rome à l’occasion de l’avant-première du film 'La Dolce Vita' de Federico Fellini. Giulietta Masina évoque son tournage à Berlin. La romancière Alba de Cespedes et Marcello Mastroianni décryptent le film 'La vie douce".

Federico Fellini, Anita Ekberg et Marcello Mastroianni à la première du film "La Dolce Vita", le 8 février 1960, à Rome
Federico Fellini, Anita Ekberg et Marcello Mastroianni à la première du film "La Dolce Vita", le 8 février 1960, à Rome Crédits : Keystone/Hulton archives - Getty

Lors de l'enregistrement de l'émission Le masque et la plume, le film La Dolce Vita n'est pas encore projeté en France. Il est encore question de traduire son titre par La Vie Douce. L'épouse de Federico Fellini, Giuletta Masina, arrivait du tournage à Berlin, de La fille en soie artificielle avec Jean Duvivier, qu'elle "remercie pour sa patience".

A propos du scandale provoqué par La Dolce Vita, Marcello Mastroianni  estime que Federico Fellini ne s’est pas mis dans la position de critiquer ce monde qu’il a voulu représenter. 

La romancière, Alba de Cespedes y voit, elle, une lucidité propre aux artistes :

Dans l’œuvre d’art, l’auteur ne sait jamais le monde qu’il représente. C’est toujours le personnage qui le lui apprend, au cours de l’œuvre. Je crois qu’il représente une société qu’il pense être actuelle et qui est déjà en décomposition. L’auteur est toujours au-delà de son œuvre, il est toujours vingt ans après son œuvre, s’il est un vrai artiste. […] Il représente des personnages qui sont déjà dans la mort.

Marcello MASTROIANNI évoque son rôle de journaliste qui a perdu son ambition d’écrire. Il lit un monologue, coupé au montage : 

Je suis pris de peur, de véritable peur quelquefois, par ce que je suis en train de faire, dans quel monde je vis. Certes, la vie que je mène commence à m'amuser, mais peut-être que moi, je ne devrais pas me laisser prendre. J'avais des ambitions autrefois, peut-être des possibilités, qui sait si je ne suis pas en train de tout perdre...

Quand Federico Fellini lui a donné le texte de son personnage, Marcello Mastroianni a été frappé de sa ressemblance avec le Platonov de Tchekhov :

Marcello, dans La Dolce Vita,  ressemble à Platonov d’une manière extraordinaire, pour cette nécessité de l’homme moderne de trouver une raison de vivre, de trouver toutes les sensations, d’avoir des aventures pour se justifier, pour justifier sa journée. 

  • Par François-Régis Bastide, Michel Polac et Jérôme Peignot 
  • Réalisation Georges Godebert
  • Entretiens avec Giulietta Masina, Marcello Mastroianni et Alba de Cespedes - Le masque et la plume - Spécial Fellini : La Dolce Vita ((1ère diffusion : 21/04/1960 Paris Inter)
  • Indexation web : Véronique Vecten, Documentation de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

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