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ERIC ROHMER EN 1985
Épisode 8 :

Eric Rohmer: "Avec Perceval le Gallois, je voulais retrouver cette vérité du Moyen Âge"

51 min
À retrouver dans l'émission

1979 |Eric Rohmer raconte la genèse de son film "Perceval le Gallois", au micro de Claude-Jean Philippe, dans l’émission "Le Cinéma des cinéastes" de février 1979.

Perceval le Gallois, d’Eric Rohmer
Perceval le Gallois, d’Eric Rohmer Crédits : Les Films du Losange

Depuis la fin des années 1960, plusieurs films d’Éric Rohmer rencontrent un grand succès critique et public (La Collectionneuse en 1967, Ma Nuit chez Maud en 1969, Le Genou de Claire qui obtient le prix Louis Delluc en 1970). En 1976, après le film La Marquise d’O, adapté d’une nouvelle de l’écrivain allemand Heinrich von Kleist, Eric Rohmer puise aux sources de l’histoire littéraire française, en adaptant l’histoire de Perceval le Gallois, dernier volet des Romans de la Table ronde de Chrétien de Troyes, écrit à la fin du 12ème siècle. Un film qu’il souhaitait plus populaire et ouvert à un plus large public que ses "six contes moraux".

Perceval est une histoire qui amuse beaucoup les enfants.

"J’ai découvert Perceval lorsque j’étais professeur de français en classe de troisième", révèle Eric Rohmer, "et je me suis rendu compte qu’il était très difficile de faire aimer les romans courtois à mes élèves. Mais parmi ces romans, il se trouve que Perceval était une histoire qui amusait beaucoup les enfants".  C’est à partir de cette mémorable expérience scolaire, et grâce aux travaux du médiéviste Gustave Cohen, qu’Éric Rohmer a eu ainsi l’idée de faire un film sur Perceval.

J'ai souhaité représenter les arbres tels que les gens du Moyen Âge se les représentaient.

Ce film est avant tout une réflexion sur l’espace au Moyen Age. J’ai essayé de retrouver un espace simplifié et stylisé, facile à saisir d’un seul coup d’œil, en représentant les arbres, tels que les gens du Moyen Âge se les représentaient, dans un décor construit dans l’esprit architectural ou pictural de l’époque. Une fois que j’ai eu ce décor, j’ai filmé comme j’aurais filmé un documentaire, avec des personnages et des chevaux qui se promenaient là-dedans comme dans la nature ! 

Dans le roman de Chrétien de Troyes, ce n’est pas le côté fantastique qui m’a le plus intéressé, mais la dimension évangélique.

Dans ce film très théâtralisé, Éric Rohmer a souhaité retrouver cette "vérité du Moyen Âge", en s’éloignant d’un modèle romantique médiéval "à la Walter Scott, parsemé de  châteaux en ruines". Dans le roman de Chrétien de Troyes, analyse Rohmer, "ce n’est pas le côté fantastique qui m’a le plus intéressé, mais la dimension évangélique, à travers la quête spirituelle de Perceval apprenant la charité et l’amour du prochain"

Ce texte est d’une étonnante modernité, il est écrit dans une langue simple et concrète, sans périphrases, qui pourrait être parfaitement comprise aujourd’hui.

Sur le plan formel, ce texte est d’une étonnante modernité, il est écrit dans une langue simple et concrète, sans périphrases, qui pourrait être parfaitement comprise aujourd’hui. (...) Je trouve vraiment dommage que les français méconnaissent ce trésor du Moyen Age, qui est occulté par le vernis des autres siècles. 

  • Par Claude-Jean Philippe 
  • Le cinéma des cinéastes - Eric Rohmer pour "Perceval le gallois" (1ère diffusion : 25/02/1979)
  • Rédaction web :  Sylvain Alzial, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
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