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Boris Charmatz à Berlin

Boris Charmatz : "Le Musée de la Danse est une oeuvre commune où on peut passer du rôle de visiteur à celui de danseur"

34 min
À retrouver dans l'émission

2017 |Deuxième entretien de "La Nuit rêvée" du danseur et chorégraphe Boris Charmatz. Au programme des archives : Hubert Godard, la cornemuse, Médéric Collignon et l'aéroport de Tempelhof à Berlin. Entretien 2/3 par Albane Penaranda

Boris Charmatz à Berlin
Boris Charmatz à Berlin Crédits : par Lucie Jansch

Chorégraphe et anciennement directeur du Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne, Boris Charmatz est avant tout danseur, il dit même vouloir le rester jusqu'à ses quatre-vingts ans au moins. De toute façon à l'âge qui est le sien, l'avenir appartient encore à celui que l'on a souvent présenté comme l'enfant terrible de la danse, ou encore le chef de file de la "non-danse" française des années 90. Si ces étiquettes ne le résument pas, la manière dont Boris Charmatz exerce son art n'a en effet rien de convenu ou de paisible. "J'ai un rapport de tension, de conflit, avec la danse, l'imaginaire qu'en ont les gens et ce qu'ils attendent d'un spectacle chorégraphique", avoue-t-il.

Souvent radical, multipliant les expérimentations, Boris Charmatz explore des frontières de la danse pour tenter de les repousser, de les dépasser. Emblématique d'une nouvelle génération de chorégraphes et de danseurs, on le trouve sans cesse à la recherche de nouveaux territoires à partager avec d'autres modes d'expression artistiques et de relations inédites avec le public. Il évoque le Musée de la Danse à Rennes :

On s'est dit un musée de la danse serait une sorte de tiers espace dans lequel des artistes visuels, des danseurs, des chorégraphes, et bien sûr, des visiteurs, du public, pourraient s'emparer de cette idée-là et pratiquer, expérimenter, découvrir, s'enrichir, et enrichir l'idée qu'ils se font de cet art. On s'est dit qu'on inventerait un musée à partir de zéro, parce que quand on a commencé à Rennes il n'y avait rien. (...) C'est un jeu de bascule où les postures ne sont pas fixes, il n'y pas le danseur sur scène et le spectateur dans la salle et le technicien à la lumière... Il y a vraiment une oeuvre commune où on peut passer du visiteur au spectateur, au participant, à l'artiste, à l'oeuvre d'art...

Dans le programme d'archives que Boris Charmatz a composé pour sa Nuit rêvée, on entend quelques-uns de celles et de ceux qui ont croisé sa route, nourri ses réflexions et influencé son travail : les chorégraphes Odile Duboc et Élisabeth Schwartz, la critique et historienne de la danse Laurence Louppe et le poète Christophe Tarkos. À la suite d'Hubert Godard analysant le corps en mouvement, on y célèbre la cornemuse, avant d'entendre le chant du bugle et de la voix de Médéric Collignon. C'est enfin à Berlin, une ville qui lui est chère, que se termine le programme de Boris Charmatz, autour de l'ancien aéroport de Tempelhof, dans les vestiges duquel il dansait au mois de septembre 2017.

Ecouter la première partie de l'entretien, la dernière.

  • Production : Albane Penaranda
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
  • La Nuit   rêvée de Boris Charmatz - Entretien 2/3 (1ère diffusion : 15/10/2017)

Chroniques

3H32
49 min

Les Nuits de France Culture

Le gai savoir - Hubert Godard
Intervenants
  • Danseur, chorégraphe et directeur du Musée de la danse à Rennes.
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