LE DIRECT
Caroline Champetier
Épisode 2 :

Nestor Almendros : un portrait en lumière naturelle

53 min
À retrouver dans l'émission

1976 |En 1972, Claude-Jean Philippe s’entretenait avec Nestor Almendros (1930-1992), considéré comme l’un des très grands chefs-opérateurs du cinéma de l’après-guerre.

Tournage de "La Gare" (1966). Nestor Almendros sur un chariot à bagages pour un travelling sur les quais de la gare de Beauvais
Tournage de "La Gare" (1966). Nestor Almendros sur un chariot à bagages pour un travelling sur les quais de la gare de Beauvais Crédits : Gallica/ Revue Téléscope, CNDP, 1992

Je préfère le terme anglais de "cameraman", "homme à la caméra", au terme français "directeur de la photographie", qui est assez prétentieux.

Auprès de Claude-Jean Philippe, Nestor Almendros raconte son enfance et sa cinéphilie précoce, dans le Barcelone des années 1930-1940, puis à Cuba à au début des années 1950, où il rejoint son père, exilé franquiste. C’est à la Havane qu’il développe "une conscience cinématographique", où il crée un ciné-club et découvre, émerveillé, les films américains, soviétiques, mexicains, espagnols ou italiens. Admirateur du cinéma muet, inconditionnel des films de Frank Capra et John Ford, il part étudier aux Etats-Unis à l'Institute of Film Techniques du New York City College, où il s’offre une Caméra 8mm Paillard-Bolex, puis s’envole pour l’Italie en 1957 au Centro sperimentale, à l’époque du néo-réalisme finissant.  

En 1957, Paris était une ville paradisiaque pour les cinéphiles.

Après un passage de quelques mois à Paris en 1957 où il peaufine sa culture cinématographique à la Cinémathèque française, il retourne à La Havane en 1959, au moment de la révolution castriste et réalise une vingtaine de films de propagande, comme réalisateur ou opérateur pour l’Institut du cinéma cubain. 

J’ai compris qu’en France, on ne m’accepterait pas comme metteur en scène, car je n’étais pas assez connu. Mais comme technicien-opérateur, il serait plus facile de percer.

Limogé pour son attitude jugée contre-révolutionnaire, il décide de rejoindre la France et rencontre par hasardEric Rohmer en 1965, sur le tournage de Paris vu par... qui lui propose au pied levé, un poste de chef opérateur. Une collaboration qui se poursuivra deux ans plus tard, pour le film La Collectionneuse, "un film dont l'éclairage était comme un film de reportage, car la lumière y était naturelle".

La lumière solaire est la plus belle lumière du monde.

Devant la nature, il faut savoir trouver l’endroit le plus beau. Dans un film, il faut savoir attendre le meilleur moment pour trouver la plus belle lumière.

Le temps de réaliser caméra au poing quelques films pour la télévision scolaire française (1964-1968), Nestor Almendros, disciple sans le savoir du cinéma-vérité cher à Jean Rouch, sera le grand maître de la lumière de plusieurs films d’Éric Rohmer ou de François Truffaut. Il dirigera également la photographie des films de Robert Benton, Alan J. Pakula ou Jack Nicholson et obtiendra un Oscar en 1978, pour Les Moissons du ciel deTerence Malick

  • Par Claude-Jean Philippe 
  • Avec Nestor Almendros (directeur de la photographie)
  • Rédaction web : Sylvain Alzial, Documentation Sonore de Radio France
  • Le cinéma des cinéastes - Nestor Almendros (1ère diffusion : 06/06/1976)
  • Archive Ina-Radio France
Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......