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Caroline Champetier
Épisode 8 :

Alexandre Chemetoff : "Je suis rentré dans la ville et dans l’architecture par la porte du paysage"

46 min
À retrouver dans l'émission

2012 |En 2012, au micro de Laure Adler, Alexandre Chemetoff évoquait sa manière de penser et d'exercer son métier d’architecte, urbaniste et paysagiste. On y entendait également les voix de Francis Ponge et Agnès Varda.

Alexandre Chemetoff, extrait du site ALexandre Chemetoff & Associés
Alexandre Chemetoff, extrait du site ALexandre Chemetoff & Associés Crédits : Arnaud Duboys Fresney (Agence Double Eléphant)

"Bon sang ne saurait mentir" ou "il a de qui tenir", serait-on tenté de dire à son sujet… Un grand-père paternel, qui comme lui s'appelait Alexandre Chemetoff, qui exerçait ses talents d'illustrateur sous le nom de Chem. Un grand-père maternel qui s'appelait Philippe Soupault, et un père, Paul Chemetov architecte et urbaniste, comme il le devint lui-même en ajoutant à ces deux qualités celle de paysagiste.

Formé à l'École nationale supérieure d'horticulture de Versailles, Alexandre Chemetoff s’intéresse avant tout à l’identité des territoires, aux paysages. Installé sur un côteau de la Bièvre à Gentilly, dans ce paysage de banlieue, photographié par Robert Doisneau et décrit par Huysmans et Ronsard, l'architecte est sensible au tissage entre histoire et géographie.

Je suis rentré dans la ville et dans l’architecture par la porte du paysage.

Il y a dans la culture du paysage, quelque chose qui rassemble tout en un seul lieu, comme si tout était réuni. Cette discipline-là elle est celle qui ne divise pas les choses mais qui parle de la façon dont elles interagissent les unes avec les autres.

L'architecte et urbaniste évoque ses réalisations à Bordeaux et Saint-Etienne, avec toujours l’idée d’un changement positif pour les habitants. 

Il y a une part de rêve ou de liberté qui est donnée très paradoxalement par une grande attention au lieu, comme si, en faisant un projet, c’est-à-dire en construisant quelque part, en transformant même radicalement un endroit, on apprenait du lieu dans lequel on construisait. 

Alexandre Chemetoff dit son admiration pour Francis Ponge que l'on entend, dans une archive de 1988, lire La Fenêtre.

Et ça pose assez justement la question du style, une question que l’on se pose quand on dessine un immeuble, une rue : comment faire œuvre d'une manière à la fois libre et retenue (...) de nature à créer une émotion. On voit bien que c'est très compliqué. Cela suppose une forme d’élan et de retenue en même temps (...) Francis Ponge représente pour moi très exactement ce qui m'intéresse, ce que j'admire chez lui, c'est à dire cette manière de se saisir d'une certaine forme de banalité (…) et en même temps d'arriver à faire que cette banalité devienne véritablement de l’art.

Dans une archive du 29 juin 1998, Agnès Varda racontait avec humour ses contradictions : vivre entre le bonheur de l’instant présent et une mélancolie chronique. Elle disait son besoin de capter "la matière et la texture de la vie" dans ses films. Une perception du monde qu'Alexandre Chemetoff partage :

Je me reconnaissais dans cette façon de parler de la réalité. La difficulté à la saisir et cette façon de jouer avec le réel, d’une façon assez libre, effectivement un peu comme un chat, qui est dehors et dedans, comme elle le dit si bien. 

  • Par Laure Adler 
  • Réalisation Didier Lagarde et Brigitte Bouvier
  • Hors champs - Alexandre Chemetoff (1ère diffusion : 09/10/2012)
  • Indexation web : Véronique Vecten, Documentation Sonore de Radio France
Intervenants
L'équipe
Production
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