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Portrait de Jean-Marie Laclavetine
Épisode 9 :

Claude Sautet : "Derrière la technique du comédien, il y a un être humain dont le film est une sorte de portrait jamais achevé"

42 min
À retrouver dans l'émission

1994 |En 1994, Claude Sautet avait 70 ans, il tournait "Nelly et Monsieur Arnaud" avec Michel Serrault et Emmanuelle Béart. Dans "Projection privée" il effectuait un retour rétrospectif sur sa carrière à l'occasion de la parution d'un livre d'entretiens avec Michel Boujut.

Michel Serrault et Emmanuelle Béart avec le réalisateur et scénariste Claude Sautet sur le tournage de "Nelly et Monsieur Arnaud" en octobre 1994.
Michel Serrault et Emmanuelle Béart avec le réalisateur et scénariste Claude Sautet sur le tournage de "Nelly et Monsieur Arnaud" en octobre 1994. Crédits : Photo de David Koskas/Sygma. - Getty

Michel Ciment s'entretient avec le cinéaste Claude Sautet dans "Projection privée" en 1994, à l'occasion de la sortie de son livre d'entretiens avec Michel Boujut, réalisé pour l'Institut Lumière et Actes Sud. Claude Sautet avait alors 70 ans, il tournait Nelly et Monsieur Arnaud, qui sera son dernier film.

Dans cet entretien Claude Sautet détaille sur sa vision du cinéma. A propos de la réception de ses films, il est heureux de constater que certains d'entre eux, comme Mado (1976), touchent un public plus jeune, des années après leur sortie, "on pense que les films sont éphémères, mais c’est touchant de voir comment de jeunes spectateurs réagissent".  Il se souvient de l’enthousiasme de Bertrand Tavernier, alors critique de cinéma, pour son premier film Classe tous risques (1960) :

Il a été la première personne qui m’a demandé un entretien. Ce qui me frappe chez Bertrand Tavernier c’est son enthousiasme inépuisable. 

Au départ, il ne voulait pas se prêter à un exercice d'introspection pour ce livre, en raison de la difficulté qu'il ressent à tenir un discours après-coup sur ses films, "j'ai toujours peur de mentir"

Il évoque sa passion pour le jazz et les passerelles qu'il tisse entre cette musique et le cinéma. 

Le jazz c'est souvent un thème assez simple avec des bases sur lesquelles les musiciens peuvent varier à l’infini, avec une histoire qui peut se développer dans tous les sens et le thème qui revient à la fin. Il y a une relation avec un film qui démarre avec une anecdote assez simple mais qui donne des possibilités infinies.

Sur sa relation de fidélité avec des comédiens, comme Michel Piccoli ou Daniel Auteuil, il explique que "derrière la technique du comédien, ce sont des êtres humains, le film en est une sorte de portrait, qui n’est jamais achevé".

Claude Sautet se revendique comme banlieusard. Né à Montrouge il garde le souvenir d'une banlieue vivante et chaleureuse : "les banlieusards ne sont pas dupes, ils ont un jugement plus coupant"

J’ai tout de suite été fasciné par la banlieue et ses cafés, ses bistrots, ce monde de mélanges sociaux que je voyais dans mon enfance.

  • Par Michel Ciment 
  • Réalisation : Régine Barjou
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France
  • Projection privée - Entretien avec Claude Sautet (1ère diffusion : 24/07/1994)
  • Archive Ina-Radio France

Chroniques

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