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Affiche de George Dandin de Molière par Jean-Pierre Vincent (détail)

Jean-Pierre Vincent : "Il n'y a plus de raisonnement, le monde est gouverné par le calcul"

8 min
À retrouver dans l'émission

2017 |Dernier entretien de "La Nuit rêvée" de Jean-Pierre Vincent au cours de laquelle il a choisi de faire entendre un peintre, un historien, des philosophes, un scientifique et un juriste. Entretien 3/3 par Albane Penaranda.

Affiche de George Dandin de Molière par Jean-Pierre Vincent (détail)
Affiche de George Dandin de Molière par Jean-Pierre Vincent (détail) Crédits : Le Préau

"Ma vie c’est les textes, les acteurs, les planches" dit-il. Du Théâtre de l'Espérance avec Jean Jourdheuil, à Studio Libre avec Bernard Chartreux, en passant par les scènes des Centres dramatiques nationaux, la direction du TNS, celle de la Comédie-Française et celle du Théâtre des Amandiers, avec le metteur en scène Jean-Pierre Vincent, c'est un demi-siècle de théâtre qu'accueillent Les Nuits de France Culture. Jusqu'au George Dandin qu'il monte aujourd'hui au Préau, Centre Dramatique de Normandie, c'est une histoire ininterrompue depuis le groupe théâtral du lycée Louis-le-Grand où il faisait ses premières armes aux côtés de Patrice Chéreau à la fin des années cinquante.

Tout au long de sa "Nuit rêvée", nous évoquons certaines étapes du parcours de Jean-Pierre Vincent qui dit lui-même être "sans doute celui qui a réussi le mieux à conjuguer l’exercice des responsabilités directoriales et l’indépendance de la création". Peintre, historien, philosophes, scientifique ou juriste qu'ont-ils avec lui en commun ceux qu'il a souhaité entendre dans sa Nuit rêvée ? Peut-être d'avoir eu, chacun à leur manière et chacun dans leur temps, le souci de nous rendre le monde moins obscur et plus vivable. N'est-ce pas là après tout, dans ce même souci, que peut les rejoindre un homme de théâtre, un metteur en scène, comme Jean-Pierre Vincent ?

Jean-Pierre Vincent dans la deuxième partie de cet entretien donne son analyse de la crise des démocraties capitalistes :

Je travaille actuellement sur "L’Orestie" d'Echyle qui raconte un morceau de l'histoire de l'humanité où l'humanité se sort par la violence des miasmes de la vengeance toute faite, de l'animalité de la vengeance. Toutes les périodes dont nous sommes redevables m'intéressent. J'ai réussi parfois à l'écrire. Il y a des moments de dégradations de notre politique culturelle, ce n'est pas facile en ce moment car vous ne savez plus très bien à quel cerveau vous vous adressez, les gens sont un peu lobotomisés par, ce que Stiegler appelle, le passage de la raison au calcul. Il n'y a plus de raisonnement, le monde est gouverné par le calcul. [...] Le capitalisme financier règne sur le monde, il impose ses logiques à travers ses intellectuels, à travers ses algorithmes. La victoire du capital financier sur le capital industriel c'est la première chose que j'ai lu dans Karl Marx, dans ce livre merveilleux "Les luttes de classes en France 1848-1850". [...] La victoire du financier sur l'intellectuel est une chose dont il va bien falloir se défaire.

Ecouter la première partie de l'entretien de Jean-Pierre Vincent, la deuxième.

  • Production : Albane Penaranda
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de

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