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Jérôme Bel
Épisode 2 :

Valérie Dréville : "Anatoli Vassiliev m’a dit : n’entre pas en scène en jouant pour le public, mais pense que tu exerces ton art en présence du public"

29 min
À retrouver dans l'émission

2008 |La comédienne Valérie Dréville répondait aux questions d'Odile Quirot dans une série de cinq entretiens pour "À Voix nue", en 2008. Dans le deuxième volet, elle évoquait trois de ses maîtres de théâtre : Antoine Vitez, Claude Régy et Anatoli Vassiliev.

Valérie Dréville et Jean-Francois Sivadier durant une répétition du "Partage de midi » de Paul Claudel, mise en scène collective de Gaël Baron, Nicolas Bouchaud, Charlotte Clamens, Valérie Dreville et Jean-François Sivadier, en juillet 2008, Festival
Valérie Dréville et Jean-Francois Sivadier durant une répétition du "Partage de midi » de Paul Claudel, mise en scène collective de Gaël Baron, Nicolas Bouchaud, Charlotte Clamens, Valérie Dreville et Jean-François Sivadier, en juillet 2008, Festival Crédits : Anne-Christine POUJOULAT - AFP

Fille de la comédienne Véronique Deschamps et du réalisateur Jean Dréville, Valérie Dréville était peut-être en cela destinée au spectacle, aux planches des théâtres et aux plateaux de cinéma. 

Si toute jeune fille encore on l'a vue dans des films d'Alain Resnais, de Jean-Luc Godard, de Philippe Garrel, et de beaucoup d'autres par la suite, c'est bien au théâtre qu'elle consacre sa vie depuis le début des années 80. 

En 2008, elle répondait aux questions d'Odile Quirot dans une série de cinq entretiens pour "À Voix nue". Dans le deuxième elle parlait de ses maîtres, de trois d'entre eux en particulier : Antoine Vitez, Claude Régy et Anatoli Vassiliev

Antoine Vitez, rencontré à vingt ans, en 1985, avec lequel elle a joué Électre, Le Soulier de satin, La Célestine et La vie de Galilée… Elle se souvient de cette rencontre, un choc :

Pour moi Antoine Vitez c’était quelque chose qui s’apparente à un choc amoureux. 

Elle explique sa "très grande chance" de le rencontrer, il y avait de la vénération amoureuse mais aussi un sentiment filial, "une expérience fondatrice qui m’a constituée".

De Claude Régy, l'un de ses professeurs au Conservatoire : 

L’expérience du travail avec Claude Régy c’est la négation, c’est 'non', c’est tout le temps 'non'. Un travail énorme pour faire table, enlever tout. Laisser ce que l’on sait, ce l’on connait, ce que l’on croit savoir faire. (...) Un choc pareil, même négatif, peut provoquer des réveils. 

Comédienne pourtant déjà accomplie, elle n'hésita pas à aller chercher auprès d'Anatoli Vassiliev à Moscou l'enseignement qui pouvait l'enrichir, la faire se dépasser : 

L’expérimentation me manquait, là-dessus arrive Vassiliev, c’était une réponse à mon interrogation. (...) Anatoli Vassiliev est presque un héritier direct de Stanislavski. La ligne principale de l’école Russe c’est l’idée non pas du résultat mais du processus. (…) On part de la cause, pas de l’effet. L’école Russe c’est ça : chercher comme un musicien le sentiment de la vie juste, qu’est-ce qu’il y a dans le cœur ? Qu’est-ce que c’est que le sentiment de la vie ? Comme on dirait avoir l’oreille musicale, on dirait avoir l’oreille de la vie, l’oreille absolue de la vie.

Valérie Dréville se souvient d'un conseil de Vassiliev :

N’entre pas en scène en jouant pour le public, mais pense que tu exerces ton art en présence du public, ça va changer beaucoup de choses. 

  • Par Odile Quirot
  • Réalisation : Ghislaine David
  • A Voix nue - Valérie Dréville 2/5 : Le goût des maîtres (1ère diffusion : 01/07/2008)
  • Indexation web : Documentation de Radio France
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