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Jérôme Bel
Épisode 6 :

Jérôme Bel : "L’histoire de la danse a été écrite par des femmes, le seul des arts à être comme cela, c’est merveilleux"

43 min
À retrouver dans l'émission

La Nuit rêvée de Jérôme Bel - Entretien 2/3. Le chorégraphe a choisi de faire entendre Pina Bausch, Yvonne Rainer, Simone Forti ainsi qu'un portrait d'Isadora Duncan. La danse donc, mais aussi le théâtre, avec Valérie Dréville, Claude Régy et l'urgence des problèmes climatiques avec Bruno Latour.

Photo du spectacle "Danses pour une actrice (Valérie Dréville)", de Jérôme Bel, 2020.
Photo du spectacle "Danses pour une actrice (Valérie Dréville)", de Jérôme Bel, 2020. Crédits : Véronique Ellena

Dans ce deuxième entretien, Jérôme Bel parle de la transmission de l’histoire de la danse, peu enseignée mais les choses ont changé depuis les trente dernières années. Il s'interroge sur l'évolution de la danse au début du XXIe siècle : 

Je vois des spectacles qui reconduisent l’aliénation. Je vois beaucoup de danseurs qui sont considérés comme des ouvriers spécialisés, qui sont là juste comme des objets et puis je vois, heureusement, d’autres projets qui essaient de donner aux interprètes dansants leur singularité, leur unicité, de leur rendre leur subjectivité. (...) Je regarde ce qui se passe avec les gens qui sont là en face de moi. Qu’est-ce que ces danseurs et ses interprètes représentent ? Qui sont-ils ? (…) Je maintiens que le projet de la danse moderne c’était l’émancipation. Cependant des réactionnaires empêchent ce projet de continuer et cela me rend furieux. 

Sur ses rapports avec les institutions culturelles : 

Ce qui m’intéresse c’est l’art, ce n’est pas la culture. L’institution c’est un peu la culture, son but c’est faire la transmission des opérations artistiques au plus grand nombre. Je suis tellement passionné par la question de l’art que la culture… je n’ai pas assez de force pour faire cela aussi. 

Une majorité de femmes dans la Nuit rêvée de Jérôme Bel, d’Isadora Duncan à Valérie Dréville en passant par Yvonne Rainer, Simone Forti et Pina Bausch :

L’histoire de la danse a été écrite par des femmes, et c’est génial, le seul des arts à être comme cela, c’est merveilleux. Il y a eu quelques hommes, quelques-uns ont mal terminé…notamment en Allemagne aux Jeux Olympiques de 1936, certains ont été récupérés par Goebbels. Il y a une chose avec la danse, cela peut très très mal tourner : l’embrigadement des corps que la danse permet, cet investissement du corps au détriment de la pensée peut amener très facilement au fascisme. Je vois aujourd’hui beaucoup de spectacles qui sont crypto-fascistes et qui ne savent même pas qu’ils sont fascistes… c'est-à-dire on va se lever et tous se mettre à marcher au pas. Il y a cela tapi quelque part et il faut faire très attention. 

Pourquoi Jérôme Bel préfère travailler avec des non-professionnels de la danse :

J’aime bien travailler avec des gens qui sont vulnérables par rapport à la danse, comme Valérie Dréville par exemple. Les amateurs sont vulnérables, les handicapés mentaux aussi sont vulnérables. Cela a toujours été un moyen de me prémunir. 

  • Par Albane Penaranda
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration d'Hassane M'Béchour
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France
  • La Nuit rêvée de Jérôme Bel - Entretien 2/3 (1ère diffusion : 22/11/2020)
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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