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Mariana Otero
Épisode 1 :

Mariana Otero : "Faire du documentaire, ce n’est pas juste filmer le réel"

26 min
À retrouver dans l'émission

Premier entretien de la Nuit rêvée de Mariana Otero, diffusée pour la première fois en décembre 2020. "Comprendre l’autre, rentrer dans son regard, vivre à son rythme, être avec lui" et si possible "rendre visible l’invisible", voilà ce qui motive la cinéaste.

Mariana Otero dans son film "Histoire d’un regard", 2020.
Mariana Otero dans son film "Histoire d’un regard", 2020. Crédits : Jérôme Prébois / Archipel 33

Enfant, Mariana Otero, savait déjà qu'elle voulait "faire du cinéma", des fictions - ne connaissant pas alors le documentaire. Après des études à l'IDHEC, le hasard lui permet de découvrir ce qui va devenir son mode d'expression privilégié, avec le tournage de Non-Lieux.

Les ateliers Varan m’ont proposé de faire un documentaire, d’aller tourner en prison, filmer des répétitions de théâtre. Des metteurs en scène avaient envie qu’on filme leur travail là-bas, à Fleury-Mérogis, une prison d’hommes. (...) Ensuite, on a commencé à filmer les familles des détenus, on a fait du documentaire.

J’ai découvert le documentaire en le faisant et ça m’a énormément plu : après, je n’ai plus voulu faire que ça. Ce qui me plaisait, c’était le fait de comprendre l’autre, de rentrer dans son regard, vivre à son rythme, être avec lui et essayer de raconter des histoires à travers ses yeux.

Evoquant son film A Ciel ouvert, Mariana Otero compare le travail des soignants qui essaient de comprendre la structure et la singularité des enfants psychotiques à sa quête de documentariste : 

A Ciel ouvert est le film où cette expérience de "décillement" est explicite.  

A propos de son dernier film Histoire d'un regard, dans lequel elle retraçait le parcours du photoreporter Gilles Caron à travers ses planches-contact, et entre autres les photos qu'il avait prises de Daniel Cohn-Bendit en mai 1968 :

Plus je comprenais son regard, plus je le trouvais génial. J'ai trouvé aussi des accointances entre son travail et ma démarche.

J’ai eu l’impression d’être sur son épaule.

Mariana Otero a choisi une archive du documentariste québécois Pierre Perrault, un des "inventeurs du cinéma direct, avec Jean Rouch". Un cinéaste qui sait rester près des gens, qui ne les juge pas et qui insiste sur l'importance de la structure d'un film documentaire. 

La Bête lumineuse est un film absolument sublime. 

Le documentaire, ce n’est pas juste filmer le réel.

Elle a également choisi une émission consacrée à Thierry Garrel, qui fut directeur de l'unité documentaire d'Arte pendant vingt ans et apporta son soutien à Mariana Otero. Elle avait filmé pendant un an, dans un collège, "le rapport à la loi". Cent heures de rushes qui se transformeront en six épisodes d'une demie-heure, La Loi du collège, diffusés en 1994 sur la chaîne franco-allemande.

Le film autour de la disparition de sa mère, Histoire d'un secret, fut l'occasion pour Mariana Otero de travailler une forme d'écriture qui a à voir avec la fiction, avec un scénario très écrit.  

A la manière de Nathalie Sarraute qui "va chercher tout ce qui travaille en dessous." :

La construction d'un documentaire permet de montrer ce qui ne se voit pas, de faire apparaître l'invisible. (...) Le documentaire, ce n’est pas juste filmer le réel.

  • Par Mathilde Wagman 
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration d'Hassane M'Béchour
  • Indexation web :  Véronique Vecten, Documentation Sonore de Radio France
  • La Nuit rêvée de Mariana Otero - Entretien 1/3 (1ère diffusion : 06/12/2020)

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
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