LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Mariana Otero
Épisode 3 :

Nathalie Sarraute : "Tropismes, c'était comme la première source, quelque chose est sorti dont je n'ai plus cessé de m'occuper"

34 min
À retrouver dans l'émission

En 1976, dans un entretien accordé à Viviane Forrester pour "Poésie ininterrompue", Nathalie Sarraute racontait son travail d'écrivain et la constance de sa recherche centrée sur ces mouvements intérieurs qu'elle appela, dès son tout premier livre, des tropismes.

Portrait de Nathalie Sarraute en octobre 1986.
Portrait de Nathalie Sarraute en octobre 1986. Crédits : Sophie Bassouls/Sygma via Getty Images - Getty

"Nathalie Sarraute a une vision protoplasmique de notre univers intérieur : ôtez la pierre du lieu commun, vous trouverez des coulées, des baves, des mucus, des mouvements hésitants, amiboïdes. Son vocabulaire est d'une richesse incomparable pour suggérer les lentes reptations centrifuges de ces élixirs visqueux et vivants". 

Dans la préface qu'il rédigea pour Portrait d'un inconnu, paru pour la première fois en 1948, Jean-Paul Sartre soulignait de cette image toute reptilienne la singularité de l'écriture de Nathalie Sarraute. En 1976, dans un entretien accordé à Viviane Forrester pour "Poésie ininterrompue", elle racontait son travail d'écrivain et la constance de cette recherche centrée sur ces mouvements intérieurs qu'elle appela quant à elle, dès son tout premier livre, des tropismes.

A propos des "tropismes" :  

Je n’ai pas l’impression que ça se passe dans les mêmes régions que Freud. Si ça se passait dans l’inconscient, pour les retrouver il me faudrait une psychanalyse. Ça se passe dans des régions qui sont presque conscientes : ces sensations ne sont pas au niveau de l’inconscient, elles sont à un niveau pré-conscient... Chacun de nous peut assez facilement les trouver, alors que dans le cas de l’inconscient, il faut y plonger avec les instruments de Freud - cela me paraît exactement l’opposé de la recherche d’un écrivain. L’écrivain doit utiliser ses propres instruments, pas ceux de quelqu’un d’autre.   

A propos de Tropismes, son premier roman, paru en 1939 : 

C'était comme la première source, comme le sourcier. J'ai plongé dans quelque chose, quelque chose est sorti dont je n'ai plus cessé de m'occuper. C'est vraiment de là que tout est parti. Cette sensation, le rythme, les images. Après, ce ne sont que des tropismes toujours agrandis, rendus plus complexes. C'est toujours à ce niveau des tropismes que je travaille.

  • Par Viviane Forrester 
  • Réalisation : Olivier D'Horrer
  • Poésie ininterrompue - Nathalie Sarraute (1ère diffusion : 08/02/1976)
  • Indexation web : Sandrine England pour la Documentation Sonore de Radio France
  • Archive-Ina Radio France

Bibliographie

"Nathalie Sarraute" par Ann Jefferson

Nathalie SarrauteFlammarion, coll. "Grandes biographies", 2019

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......