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Mariana Otero
Épisode 6 :

Mariana Otero : "Je suis en colère comme citoyenne, mais je ne fais pas mes films avec cette colère"

18 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième entretien de la Nuit rêvée de Mariana Otero, diffusée pour la première fois en décembre 2020. La cinéaste se réfère au penseur Cornelius Castoriadis et à sa réflexion sur la place de l’individu dans le collectif pour évoquer plusieurs de ses documentaires.

Mariana Otero sur le tournage de son film "A ciel ouvert"
Mariana Otero sur le tournage de son film "A ciel ouvert" Crédits : Romain Baudean

"Comprendre l’autre, entrer dans son regard, vivre à son rythme, être avec lui" et si possible "rendre visible l’invisible", voilà ce qui motive Mariana Otero dans la réalisation de ses documentaires.

A propos de son envie de faire entendre le philosophe Cornelius Castoriadis au cours de cette nuit rêvée, diffusée pour la première fois en décembre 2020, elle expliquait :

Ce qui m’a intéressée dans beaucoup de mes films, c’est la place qu’on laisse aux individus, au singulier, au sein du collectif. C'est le cas dans La loi du collège, dans Non-Lieux tourné en prison, dans Entre nos mains, qui raconte l'histoire d'un groupe d'employées qui essaient de transformer leur entreprise en coopérative, et dans A Ciel ouvert, qui se déroule dans une institution qui accueille des enfants psychotiques. Castoriadis a beaucoup réfléchi sur la place qu’on doit laisser à l’individu dans une société. C'était un grand penseur de la démocratie participative, et c'est en cela que je me suis intéressée à lui.

A propos de son film Entre nos mains, tourné dans une entreprise de lingerie en faillite qui emploie essentiellement des femmes :

Ce qui m’intéressait, c’était de voir comment, à travers ce changement de système, de l'entreprise à la coopérative qui précisément laisse place à la singularité, ces femmes allaient être transformées. C’est ça que j’ai essayé de filmer. (…) Ce n’était pas le processus économique qui m’intéressait, mais la transformation intime de ces femmes.

Elles commencent par avoir peur (…) et petit à petit elles retrouvent une joie de vivre, une joie au travail, une joie d'être ensemble, au point qu’à la fin, même si la coopérative ne peut pas se faire, elles m'avaient dit : "On veut que la fin soit gaie car, pour nous, ça a été les trois plus beaux mois de notre vie de travail."

Mariana Otero réalise en 2016 L'Assemblée, tourné place de la République au moment du mouvement Nuit debout :

Ce qui m’a fascinée quand je suis arrivée sur la place, c’est le fait que la parole était soudain donnée à des gens qui habituellement ne l'ont pas. La question centrale de ce film, c’est : comment on donne la parole, comment on s’organise.

La cinéaste évoque également Kira Mouratova, pour elle "la plus grande cinéaste au monde". A propos de la cinéaste Nelly Kaplan, auteur de La Fiancée du pirate, que l'on entendra cette nuit, elle comprend pourquoi celle-ci refusait l'étiquette féministe :

Je comprends très bien ce qu’elle veut dire. (...) J’ai la sensation que quand je fais des films je ne suis pas seulement une femme, ou plutôt que je suis une femme mais peut-être aussi un homme, peut-être aussi la fille d’un exilé espagnol, la fille d’une peintre... on est des milliers de choses. Ce avec quoi on travaille quand on fait un film, on ne le sait pas. Moi, je ne le découvre vraiment qu'avec le temps.

Je suis très en colère comme citoyenne, mais je ne fais pas mes films avec de la colère. (...) Quand je fais un film, je suis beaucoup plus dans  la douceur, dans la compréhension, et ça je ne sais pas d’où ça vient, c’est tout à fait autre chose.

  • Par Mathilde Wagman 
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration d'Hassane M'Béchour
  • Indexation web : Véronique Vecten pour la Documentation Sonore de Radio France
  • La Nuit rêvée de Mariana Otero - Entretien 2/3 (1ère diffusion : 06/12/2020)

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
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