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Ernest Pignon-Ernest
Épisode 6 :

Ernest Pignon-Ernest : "A Naples on peut interroger 2000 ans d’Histoire et, en même temps, les problèmes contemporains y sont les plus aigus"

38 min
À retrouver dans l'émission

2020 |La Nuit rêvée d’Ernest Pignon-Ernest - Entretien 2/3. Au programme des archives : Naples par Erri de Luca, le musicien Louis Sclavis, une balade sur les toits de Notre-Dame la nuit, ou encore à bicyclette avec Philippe Bordas, et ses compagnons de route Christian Bobin, Yves Simon et Jean Ferrat.

Ernest Pignon-Ernest. Collage à Naples 1988-1995
Ernest Pignon-Ernest. Collage à Naples 1988-1995 Crédits : Ernest Pignon-Ernest

Rimbaud, Pasolini, les fusillés de La Commune et des cohortes d'autres… Corps, visages et regards, célèbres ou anonymes… images en noir et blanc… œuvre éphémère dessinée sur un papier fragile... On ne présente plus Ernest Pignon-Ernest, l'artiste qui colle ses affiches de par le monde depuis le début des années 1970. Ses installations d’images vouées à disparaitre, ses collages, se font l'écho d’événements liés aux lieux investis. Il considère que son œuvre se visite dans la rue, et non pas au musée. 

Ernest Pignon-Ernest a choisi de mettre au programme des archives la ville de Naples par Erri de Luca, le musicien Louis Sclavis, une balade sur les toits de Notre-Dame la nuit avec Sylvain Tesson, ou encore à bicyclette avec Philippe Bordas. Nous entendrons également ses compagnons de route Christian Bobin, Yves Simon et Jean Ferrat

Dans ce deuxième entretien Ernest Pignon-Ernest, revient sur un lieu qui compte beaucoup pour lui, la ville de Naples. Il explique que, désireux d'approfondir sa connaissance des grands mythes, l'écoute d'une émission de Philippe Hersant sur la musique napolitaine l'a convaincu de partir à la découverte de cette ville :

La musique m’a mené à Naples grâce à Chimarosa, Pergolese, Gesualdo, mais aussi ‘O sole mio, j’ai été subjugué par cette richesse. Je suis parti vers cela au fond, vers une ville qui a secrété des choses aussi complexes, riches et populaires. Je suis parti dans les jours qui suivaient à Naples. 

Il a découvert là-bas un terrain inépuisable pour son travail : 

A un moment je me suis dit je ne vais plus travailler qu’à Naples. A Naples on peut interroger 2000 ans d’Histoire. Il y a tous les thèmes qui font notre histoire : grecs, romains, chrétiens, et en même temps, les problèmes contemporains y sont les plus aigus. Quand Francesco Rosi veut parler de problème foncier, de logement, il fait ‘Main basse sur la ville’ à Naples. A Naples actuellement dans les églises il y a des ex-votos qui sont des seringues, ce sont des mères qui les mettent pour que leurs enfants décrochent...

Ernest Pignon-Ernest évoque son travail sur Pier Paolo Pasolini, à Scampia, banlieue populaire de Naples tenue par la Gomorra. Il y rencontre le photographe Davide Cerullo, enfant du quartier passé par la criminalité, qui va lui ouvrir les murs du lieu :

Davide Cerullo m’a dit : 'tu sais si j’ai commis des crimes ce n’est pas parce que je suis de Scampia, c’est parce que je suis inculte. Je n’avais pas la parole, je n’avais pas la poésie'. David est revenu dans le quartier persuadé qu’il peut sortir les enfants de la délinquance par la poésie. 

  • Par Albane Penaranda 
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration d'Hassane M'Béchour
  • Indexation web : Sandrine England pour la Documentation Sonore de Radio France
  • La Nuit rêvée d’Ernest Pignon-Ernest - Entretien 2/3 (1ère diffusion : 29/11/2020)
Intervenants
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