LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
La vaccination gratuite contre la variole dans le grand hall du Petit Journal, illustration extraite du "Petit Journal" du 20 août 1905.

Professeur Lépine : "Les mêmes catastrophes que jadis pourraient se reproduire en France si l'on cessait de vacciner contre la variole"

21 min
À retrouver dans l'émission

Dans cette "Tribune du progrès" enregistrée en 1956, Paul Sarès s'entretient avec le professeur Pierre Lépine, spécialiste des maladies infectieuses et des nouveaux vaccins à l'Institut Pasteur. Il évoque l'histoire, les recherches actuelles de l'institut, mais aussi les enjeux de la vaccination.

La vaccination gratuite contre la variole dans le grand hall du Petit Journal, illustration extraite du "Petit Journal" du 20 août 1905.
La vaccination gratuite contre la variole dans le grand hall du Petit Journal, illustration extraite du "Petit Journal" du 20 août 1905. Crédits : Collection BIU Santé Médecine, Université Paris Descartes

Après un bref rappel de sa carrière, le professeur Lépine rappelle comment fut créé l'Institut Pasteur le 14 novembre 1888, où il est depuis 1941 chef du service de recherche sur les virus. Il explique l'histoire, les recherches actuelles et l'avenir de l'institut Pasteur : 

L'oeuvre principale de l'Institut Pasteur a été, non seulement la fondation de la science de la microbiologie et l'étude des maladies infectieuses, mais aussi la réalisation de sérums, de vaccins et de médicaments chimiques. On peut dire que presque tous les sérums et les vaccins ont été réalisés à l'Institut Pasteur. (...) Le vaccin BCG est à l'heure actuelle l'un des moyens les plus précieux que nous ayons pour prévenir la tuberculose. 

Il revient sur l'importance de la recherche fondamentale : 

Jusqu'à présent, le nombre des vaccins des maladies de l'homme dues à des virus était relativement restreint à cause des difficultés que nous avons de cultiver ces virus et d'en tirer des antigènes permettant la vaccination. C'est pourquoi les recherches fondamentales sur les virus ont eu une incidence heureuse sur la production des vaccins en nous donnant le moyen de cultiver les virus en dehors de l'organisme, "in vitro" comme on dit. C'est à partir de ce principe que nous pouvons envisager maintenant la production de vaccins contre la plupart des maladie dues à des virus. 

Il cite les recherches sur la poliomyélite et la rougeole. Puis il évoque celles concernant le rhume et la grippe, qui, pour cette dernière, donnent lieu à des travaux très importants depuis quelques années : 

Il ne semble pourtant pas que nous puissions disposer à l'heure actuelle d'un vaccin pratiquement utilisable contre la grippe car les virus de la grippe se modifient d'une année sur l'autre. (...) Ainsi, nous ne pouvons pas envisager pour l'instant sous une forme pratique la vaccination contre la grippe, bien qu'elle soit réalisée et réalisable. 

A propos des débats sur la vaccination obligatoire

J'ai l'impression que le public a un peu trop oublié quelle était la situation avant l'introduction des vaccinations. C'est vraiment faire bon marché des progrès accomplis par les découvertes pasteuriennes ! En ce qui concerne la variole, au XIXème siècle, alors qu'en Prusse la mortalité annuelle était de 75 000 décès, 45 000 d'entre eux étaient dus à la variole. (...) aux Indes on compte par centaines de milliers les victimes annuelles de la variole.   Les mêmes catastrophes que celles de jadis pourraient se reproduire en France si l'on cessait de vacciner. Il y a eu, il y a un peu plus d'un an, une épidémie en Bretagne qui met le doigt sur la nécessité de maintenir les mesures de vaccination obligatoire contre la variole. 

  • Par Paul Sarès 
  • Réalisation : Paul Castan
  • La Tribune du progrès - L'Institut Pasteur et les nouveaux vaccin (1ère diffusion : 20/06/1956 Paris Inter)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Chroniques
0H23
17 min
Les Nuits de France Culture
Marie-Christine Barrault lit Jean Giono au Festival d'Avignon : "Titus le long et Camille"
Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......