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Bruno Muel et Jean Narboni

Jean Narboni : "Après la Nouvelle Vague on a vu surgir, comme une traînée de poudre planétaire, un certain nombre de cinémas partout dans le monde"

50 min
À retrouver dans l'émission

2018 |Premier entretien de cette nuit consacrée au "Cinéma avant et après 68" avec le réalisateur Bruno Muel et le critique Jean Narboni.

Bruno Muel et Jean Narboni
Bruno Muel et Jean Narboni Crédits : Albane Penaranda - Radio France

Tout au long de cette Nuit, Le Cinéma avant et après 68, nous sommes en compagnie de Jean Narboni et Bruno Muel qui, par le cinéma, chacun à leur manière, ont été tous deux témoins et acteurs de cette période. 

Critique, Jean Narboni collabora aux Cahiers du cinéma dès 1963, avant d'en devenir le rédacteur en chef en 1968. Cinéaste, Bruno Muel a lui été de ceux qui, d'un continent et d'une usine à l'autre, portèrent leurs caméras aux cœurs des combats politiques de cette époque. Par leurs voix, et celles des archives de notre programme, nous écoutons les histoires, d'ici et d'ailleurs, que le cinéma nous raconte de ce temps. Un temps que le cinéma a regardé et produit tout à la fois et dont il est aujourd'hui les images, les sons et les paroles. 

C'était il y a un demi-siècle quand, aux quatre coins du monde, l'heure était à toutes les formes de libération et de lutte. 

A la question "Peut-on lier Nouvelle Vague et Mai 68 ?" Jean Narboni répond : 

Dans la foulée de la Nouvelle Vague, et très souvent s'y référant explicitement, on a vu surgir, comme si une traînée de poudre planétaire s'était répandue, un certain nombre de cinémas un peu partout dans le monde. Une sorte d'efflorescence de cinéma qui a bénéfiquement frappé l'Italie, l'Espagne, l'Argentine, la Tchécoslovaquie, le Québec, le Portugal.  [...] Nous les avons immédiatement repérés, détectés, soutenus et même nous avons milité pour ces cinémas.

Bruno Muel avait 20 ans en 1956 quand il a été appelé pour faire son service militaire en Algérie où il est resté deux ans : 

Cette expérience est à l'origine de mon envie de faire du cinéma, de montrer quelque chose qui rappelle ce que j'avais vécu de façon impuissante, c'est à dire appelé et plus ou moins planqué. Comme j'avais le bac, à l'époque on n'était pas tellement nombreux à l'avoir, je me suis arrangé pour être secrétaire d'un capitaine d'une compagnie de commandement. 

J'ai vu l’Algérie sans la voir, en essayant de la voir quand même. J'allais me balader, ce qui n'était pas recommandé du tout. [...] Que ce pays soit soumis à ce que nous lui faisions subir est resté pour moi comme une tâche, quelque chose que j'avais besoin de contrer, j'avais besoin de me laver de cette histoire. 

Ecouter le 2ème entretien, le dernier entretien

  • Par Albane Penaranda
  • Réalisation Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour 
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France

Chroniques

0H50
52 min

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