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Couverture du Livre de Dominique Kalifa : "Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française"

Dominique Kalifa : "A la Belle Époque, être envoyé à Biribi était une menace que tous les Français connaissaient"

1h05
À retrouver dans l'émission

En 2009, dans un numéro des "Lundis de l’histoire" consacré au maintien de l'ordre, Michelle Perrot recevait Jean-Marc Berlière, historien pionnier dans ce domaine, Geneviève Pruvost, qui publiait un ouvrage sur la féminisation de la police et Dominique Kalifa pour "Biribi. Les bagnes coloniaux".

Couverture du Livre de Dominique Kalifa : "Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française"
Couverture du Livre de Dominique Kalifa : "Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française" Crédits : Editions Perrin (2009)

Que ce soit sous l’angle de la question sécuritaire dans le discours des hommes politique ou de celui des violences policières, la pratique des gardiens de la paix est, depuis trois décennies au moins, sous les feux constants de l’actualité.

Étonnamment, elle a pourtant longtemps fait l’objet d’un oubli de la part des historiens. "Que font les historiens de la police ?" s’interrogeait ainsi Vincent Milliot, en préambule d’un ouvrage paru en 2008 intitulé Métiers de police, consacré à l’histoire de la fonction en Europe, du XVIIIème au XXème siècle. 

Et de rappeler que la tendance s’était toutefois inversée au XXIème siècle, l’institution policière faisant désormais l’objet d’in intérêt constant et renouvelé. 

Le 20 avril 2009 pour "Les Lundis de l’histoire" Michelle Perrot recevait trois chercheurs œuvrant dans ce champ, Jean-Marc Berlière spécialiste et pionnier dans ce domaine, Geneviève Pruvost qui publiait un ouvrage sur la féminisation de l’institution, De la sergote à la femme flic, un autre histoire de la Police nationale. Le troisième invité était Dominique Kalifa l’un des coordonnateurs du livre Métiers de police qui s’était également intéressé à la question de maintien de l’ordre dans son dernier ouvrage consacré au bagne de l’armée coloniale française .

L’émission est l’occasion de réentendre cet historien disparu en septembre 2020, spécialiste de la Belle-Epoque, de l’histoire la presse et du crime qui travaillait dans le champ de l’histoire culturelle et des imaginaire sociaux à des objets tels que les bas-fonds, le personnage de Fantômas ou encore les chrononymes, ces noms attribués à des périodes de l’histoire. 

Jean-Marc Berlière explique les raisons de ce long silence à propos du maintien de l'ordre dans les études historiques : 

L’institution elle-même n’était pas très ouverte à des études ou à des recherches scientifiques à son propos. Fouché disait déjà au début du XIXème siècle que ‘la force de la police c’est qu’on ignore ses faiblesses’. Les responsables de l'institution n'avaient aucune envie de voir étalées sur la place publique des choses que l'on connait bien, c'est à dire que pour maintenir la loi il faut parfois la violer.  Ils n'avaient pas envie de voir étalées des pratiques qui ne font pas honneur à la démocratie. (...) Les archives étaient peu accessibles mais depuis quinze ans, les choses ont changé. 

Geneviève Pruvost sociologue, auteure de l'essai De la sergote à la femme flic, un autre histoire de la Police nationale explique le contexte de ce travail de recherche : 

La part historique de mon travail de sociologue a pris une part gigantesque car j’étais la première à explorer et à autonomiser la féminisation de la police. Auparavant, la féminisation de la police pouvait être abordée mais pas en tant que telle.

Dominique Kalifa auteur de Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française, revient sur l'identité de ces bagnes : 

Biribi est un peu un 'non lieu'. C'est le nom que l'on a donné à la fin du XIXème siècle, à tous les camps, les corps, les chantiers disciplinaires de l'armée française installés en Afrique du Nord. (...) Il s'agissait également de tous les établissements pénitentiaires de l'armée française, dont les plus terribles. Georges Darien publie en 1890 ce livre très noir, mais majeur, intitulé 'Biribi, discipline militaire', car il a passé lui-même trois années dans une compagnie disciplinaire en Tunisie entre 1885 et 1888. (...) Il y avait des débats importants au tournant du siècle concernant l'armée avec cette idée que l'on puisse mêler dans les casernes les bon gars et les voyous. (...) Etre envoyé à Biribi, à la Belle Époque était une menace que tous les Français connaissaient. 

  • Par Michelle Perrot 
  • Réalisation : Annabelle Brouard
  • Les Lundis de l'Histoire - Flics et bagnards (1ère diffusion : 20/04/2009)
  • Indexation web : Sandrine England, documentation sonore de Radio France
Chroniques
1H06
3h34
Les Nuits de France Culture
Le bon plaisir - Michel Ragon (1ère diffusion : 19/01/1985)
Intervenants
  • sociologue, chercheur au CNRS rattaché au CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales).
  • Historien spécialiste de la police française, professeur émérite à l’université de Bourgogne et chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CNRS)
  • Historien, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
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