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Jean Gabin et Brigitte Bardot dans "En cas de malheur" de Claude Autan-Lara, d'après Simenon, 1958

Les Mardis du cinéma - Simenon au cinéma

1h25
À retrouver dans l'émission

1994 |En 1994, l'émission "Les Mardis du cinéma" proposait une thématique sur "Simenon au cinéma" avec Gilles Grangier, Pierre Granier-Deferre, Jean-Baptiste Baronian, Claude Gauteur et Gérard Mordillat qui évoquaient les multiples adaptations des romans de Simenon au cinéma.

Jean Gabin et Brigitte Bardot dans "En cas de malheur" de Claude Autan-Lara, d'après Simenon, 1958
Jean Gabin et Brigitte Bardot dans "En cas de malheur" de Claude Autan-Lara, d'après Simenon, 1958 Crédits : PHOTOS LIMOT / COLLECTION CHRISTOPHEL - AFP

"Un carré jaune venait de naître sur un mur. L'homme en surgissant, noircit presque tout le rectangle de la fenêtre, dégagea ensuite la perspective en s'avançant vers le fond de la pièce. Sa grosse main s'abattit sur l'épaule de la fille ... mais c'était aussi imprécis qu'un film projeté quand les lampes de la salle sont rallumées."

Une fois le décor planté, et avant d'intriguer ou de développer une narration, Simenon donne généralement un ton, une couleur, entre le noir et le blanc. Son écriture est souvent influencée par le cinéma ; certains de ses livres sont des scénarios prêts à tourner. Il voit très tôt l'opportunité de les adapter, rêve de réaliser lui-même un film et s'y essaie dans l'urgence, mais "l'écrivain-vapeur", "le Citroën de la littérature" est bientôt ralenti par le temps que demande le cinéma. . Avec La nuit du carrefour, une opacité volontaire, une bonne dose de brouillard artificiel et des éclairages en demi-teintes, Jean Renoir édicte, en 1932, les règles de l'atmosphère siménonienne alors qu'elle n'existe pas encore dans les romans. La grande vogue de Simenon commence au moment de l'Occupation : neuf films tirés de son oeuvre sont produits par la célèbre Continental, société de façade française à capitaux allemands, pilier de l'industrie cinématographique allemande ...

Que vont voir Monsieur et Madame Maigret quand ils vont au cinéma ? Le cinéma français des années d'après la Libération. Dans les années 50, Gabin endosse, comme s'il était fait pour lui, le rôle de Maigret, mais ne le tue-t-il pas ? Il semble que, tel un passage obligé, chaque cinéaste se doit d'adapter Simenon : Renoir, Duvivier, Melville, Chabrol, Tavernier, Mordillat ... en ont tourné un ou plusieurs, et l'ont allègrement trahi, jugeant les brusques allers et retours du présent au passé, le peu d'action et le non-dit, inadaptables ou difficiles à mettre en image. . Restent d'innombrables images issues de l'univers de Simenon et d'inoubliables numéros d'acteurs : la plaidoirie, la "remise à l'ordre" de Raimu dans Les Inconnus dans la maison, Michel Simon torturé par l'impossibilité d'aimer et d'être aimé, Panique. En cas de malheur, Gabin se laissant séduire par Bardot ; Monsieur tout-le-monde et ses démons, Serrault face à Aznavour, ou Les Fantômes du chapelier.

Avec Gilles Grangier, Pierre Granier-Deferre, Jean-Baptiste Baronian, Claude Gauteur, Gérard Mordillat

  • Production : Pascale Charpentier
  • Réalisation : Claude Giovannetti
  • Les Mardis du cinéma - Simenon au cinéma
  • 1ère diffusion : 24/05/1994

Chroniques

5H50
35 min

Les Nuits de France Culture

Une enquête de Maigret : "Monsieur Lundi" de Georges Simenon
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