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Georges Brassens Une
Épisode 11 :

Georges Brassens : "J'ai le malheur de faire des chansons que les ondes ne supportent pas"

33 min
À retrouver dans l'émission

En 2006, Louis-Jean Calvet, linguiste, professeur à l'Université de Provence, auteur d'une biographie intitulée "Georges Brassens", analysait la langue et le vocabulaire employés par Georges Brassens dans ses chansons, avec des archives de Brassens lui-même qui parlait de ses "chansons interdites".

Georges Brassens in France in 1950.
Georges Brassens in France in 1950. Crédits : Photo de Dominique BERRETTY/Gamma-Rapho via Getty Images - Getty

Linguiste, Louis-Jean Calvet s'est beaucoup intéressé à la chanson. Sur le sujet, on lui doit  des ouvrages comme 100 ans de chanson française et Chansons, la bande son de notre histoire, ainsi que des biographies de chanteurs : Léo Ferré, Georges Moustaki et Georges Brassens.

En 2006, il participait à la série des Chemins de la connaissance consacré à Brassens, au micro de Jacques Munier.

Dans le dernier volet, Louis-Jean Calvet abordait l'œuvre de Brassens en sa qualité de linguiste et de sémiologue, mais surtout en amoureux de la chanson qui sait qu'une bonne chanson n'est pas seulement un texte, mais la rencontre réussie de paroles et d'une musique, la fusion heureuse des mots, des notes et des rythmes.

On a beaucoup dit que Brassens chantait en argot, rien n'est plus faux, Brassens était d'abord le spécialiste d'une langue un peu classique de mots recherchés, un peu oubliés, il chantait des choses comme "Vénus callipyge", nous on dirait "qu'elle a un beau cul", puisque en grec ça veut dire des belles fesses, ou alors "j'ai perdu la tramontane" pour "j'ai perdu le nord". 

Cet homme qui avait quitté l'école en troisième s'est formé comme un autodidacte, sur le tas. Pour revenir à sa langue, ce qui est frappant chez lui c'est sa façon de défiger des formules figées, comme "Mes vingt ans sont morts à la guerre de l'autre côté du champ d'honneur", dans la chanson Bonhomme, "La pauvre vieille de somme", ou encore "mourrons pour des idées d'accord mais de mort lente". 

Cet entretien propose, en archive, la voix de Georges Brassens, en 1963, il évoque ses "chansons interdites" :

J'ai le malheur de faire des chansons que les ondes ne supportent pas. Il parait qu'elles sont malhonnêtes. Moi, je ne pense pas qu'elles puissent faire beaucoup de mal, qu'elles puissent souiller les oreilles, mais des gens le croient, alors... Mais cela ne me gêne pas, cela me permet de les conserver plus longtemps, comme on ne les passe pas à la radio elles vivent plus longtemps, elles s'abiment moins vite. Il y a "Le Gorille", "Le Mauvais sujet repenti", "Marinette", "Le Temps ne fait rien à l'affaire", et quelques autres, comme "Le Mécréant", j'ai plein de chansons suspectes, finalement. 

La biographie de Georges Brassens de Louis-Jean Calvet chez Payot.

  • Par Jacques Munier
  • Réalisation : Doria Zénine
  • Les chemins de la connaissance - Le monde de Georges Brassens, 5ème partie :  Trompe la mort (1ère diffusion : 27/10/2006) 
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Production déléguée
Réalisation
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