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Master class de Sergio Leone à La Cinémathèque française le 6 mai 1986, animée par Noël Simsolo

Sergio Leone : "J’aime le cinéma. Pour moi le cinéma c’est un hobby et je pense toujours prendre ma revanche de spectateur. C’est à cause de ça que je fais ce que je fais, et je le fais d’une façon vraiment naïve, c'est à dire sincère."

1h26
À retrouver dans l'émission

Dans un "Mardi du cinéma", Noël Simsolo déroulait l'œuvre cinématographique de Leone en compagnie du chef-opérateur et réalisateur, Pierre-William Glenn, et du critique et essayiste Enrico Fulchignoni, mais avec surtout le regard de Sergio Leone lui-même sur le cinéma et sur ses propres films.

Master class de Sergio Leone à La Cinémathèque française le 6 mai 1986, animée par Noël Simsolo
Master class de Sergio Leone à La Cinémathèque française le 6 mai 1986, animée par Noël Simsolo Crédits : La Cinémathèque française

En 1987, deux ans avant la disparition de Sergio Leone, Noël Simsolo lui consacrait un Mardi du cinéma. Comme il l'annonçait au début de l'émission, on y retrouvait Sergio Leone dans deux entretiens ; l'un de 1972, année de la sortie en France d'Il était une fois la révolution, et l'autre lors d'un enregistrement datant de 1986, effectué par Noël Simsolo pour son livre Conversations avec Sergio Leone. On pouvait aussi entendre quelques minutes d'un numéro du Masque et la plume de 1968, quand sortait en France Le Bon, la Brute et le Truand, qui nous donne aujourd'hui une idée de l'immense et violent mépris avec lequel une grande part de la critique, au nom de la pureté du genre western, a longtemps accueilli les films de Leone.

Dans ce "Mardi du cinéma" Noël Simsolo déroulait l'œuvre cinématographique de Leone, de Pour une poignée de dollars à Il était une fois en Amérique, en compagnie du chef-opérateur et réalisateur, Pierre-William Glenn, et du critique et essayiste Enrico Fulchignoni, mais avec surtout le regard de Sergio Leone lui-même sur le cinéma et sur ses propres films.

Sergio Leone :

J’aime le cinéma. Pour moi le cinéma c’est un hobby et je pense toujours prendre ma revanche de spectateur. C’est à cause de ça que je fais ce que je fais, et je le fais d’une façon vraiment naïve, c'est à dire sincère. […] J’ai fait 58 films comme assistant, j’étais toujours à côté des metteurs en scène à qui on imposait des règles, c’est à cause de ça peut-être que c’est venu, c’est en réaction à la règle. On me disait il faut faire un gros plan quand le personnage doit exprimer quelque chose de très puissant, de très fort. J’ai fait l’inverse.

Quand on lui faisait remarquer que dans ses westerns ses personnages étaient toujours sales Leone répondait :

On croit que je l'ai inventé mais je n'ai rien inventé. Ils sont plus propres que dans la réalité. Par exemple, on a dit "quelle invention ces longs manteaux d''Il était une fois dans l'Ouest' !", ce n'est pas une invention. Ils ont des toiles pour faire tenir les robes qu'ils avaient par-dessus. Parce que pour marcher à cheval 24 heures sur 24 il faut porter ça sur le dos avec la poussière et tout ça... C'est l'inverse des films d’Hollywood. Dans les films d'Hollywood, ils marchaient toute la journée et rentraient tout propres. Ça c'est l'inverse !

Sergio Leone à propos de son film Il était une fois la révolution :

Avec ce film surtout - que je ne voulais pas faire au début - je me suis libéré de tout le système, je voulais essayer vraiment de faire ce qui me passait par la tête à ma façon, un peu dans la confusion mais que la confusion devienne une règle.

Pierre-William Glenn :

Leone est fascinant Leone parce qu'il fait en même temps des choses extrêmement personnelles en tordant le genre, c'est à dire qu'il sort du genre parce qu'il fait un film sur le genre. [...] C'est une attitude extrêmement intellectuelle, à la limite de l’abstraction, c'est à dire de faire un film de genre et en même temps un film sur le genre. C'est la chose la plus difficile. Ce qui est symptomatique chez Leone c’est le passage insensible de la réalité à la fable, de la fable à la réalité et cet aller-retour continuel dans la manière de filmer aussi. C'est un boîte qui est dans une boîte, il y a une boîte qui en ouvre une autre et ça marche dans les deux sens, et vous ne pouvez pas savoir à quel moment vous êtes dans la fable et ça fonctionne très bien. [...]  Il a digéré les mythes américains, il les remet en question en faisant le cinéma moderne.

Leone conclut en parlant de Il était une fois en Amérique :

L'opium est la seule drogue qui te donne des rêves que tu ne connais pas, des rêves du futur, toutes les autres drogues te font rêver des choses du passé que tu connais, c'est la différence. Alors pendant que Noodles rêve de comment pourrait être sa vie, comme il imagine son futur, il me donne la possibilité à moi metteur en scène étranger et européen, de rêver dans le mythe américain. Et c'est ça la combinaison idéale parce qu'on marche ensemble, lui avec son rêve et moi avec le mien. [...] C'est le rêve total, le rêve de sa vie à travers l'opium, et à travers lui je rêve à travers les fantômes du cinéma américain, du mythe américain. Ça c'est la puissance du film je crois. [...] Et en plus il y a un grand protagoniste, à côté de De Niro et à côté de mon rêve, il y a le temps, c'est le plus grand protagoniste. 

  • Par Noël Simsolo 
  • Avec Sergio Leone, Pierre-William Glenn et Enrico Fulchignoni   
  • Réalisation Josette Colin
  • Mardis   du cinéma - Sergio Leone 
  • 1ère diffusion : 22/09/1987
Chroniques
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Bibliographie

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