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Miss.Tic - rue Corvisart - Paris

Miss.Tic : "Sur les murs les gens me répondent : laissez-moi votre numéro..."

1h
À retrouver dans l'émission

1998 |Poussée sur la Butte Montmartre, avant de grandir dans la cité des aviateurs d'Orly, devenue, à tous égards, une valeur sûre parmi les artistes nés du Street Art, Miss.Tic a fait un sacré bout de chemin depuis ses premiers bombages nocturnes des années 80.

Miss.Tic - rue Corvisart - Paris
Miss.Tic - rue Corvisart - Paris Crédits : Fridolin freudenfett via wikimedia.org

Quand en 1998, France Culture consacrait une "Nuit magnétique" à Miss.Tic, les silhouettes au pochoir et bombes aérosols dont elle tatouait la capitale étaient déjà depuis longtemps familières aux parisiens. Tatouages énigmatiques, exclusivement féminins, ou presque : des filles sexy avec toute la panoplie, robe fourreau, décolleté, porte-jarretelles… Et des phrases lapidaires, jouant sur les mots et les murs, balises poétiques des petits-matins de Paris : "J'aime l'inconnu et les inconnus", "Fais de moi ce que je veux", "Je laisse à désirer", "Suivre son désir pour ne pas le rencontrer"… ou encore, "J'ai des frissons tatoués sur la peau du souvenir"…

Poussée sur la Butte Montmartre, avant de grandir dans la cité des aviateurs d'Orly, devenue, à tous égards, une valeur sûre parmi les artistes nés du Street Art, Miss.Tic a fait un sacré bout de chemin depuis ses premiers bombages nocturnes des années 80. On l'entend ici au micro de Karel Guy dans un pochoir radiophonique intitulée Miss.Tic, Paris sous les bombes…

Miss.Tic revient sur la relation qui s'instaure par pochoirs interposés avec des passants :

Sur les murs les gens me répondent. Cela va de choses simples comme "je t'aime", "vous êtes mon poète préféré", "laissez votre numéro de téléphone" ; ou alors des gens m'écrivent, m'envoient des poèmes, ils viennent me voir avec des albums photos des pochoirs.

Elle lève l’ambiguïté sur l'origine de son travail :

Sur les murs je parle de moi, mais pas d'une façon égocentrique ou purement narcissique. Je parle de moi parce que chaque artiste 's'auto-portraitise'. Mais je parle au-delà de cela. Quand je suis descendue dans la rue j'étais dans une relation amoureuse vraiment difficile qui a été le révélateur de la démarche que j'ai entrepris. C'est mon exaspération que j'affichais avec une part un peu revendicatrice. Mais je ne règle pas un compte personnel, ce n'est pas mon roman personnel que je mets à la rue même si cela part de mes sentiments, de mes idées, de mes pensées.

  • Production : Karel Guy
  • Réalisation : Anne-Pascale Desvignes
  • Nuits magnétiques - Miss.Tic, Paris sous les bombes : pochoir radiophonique
  • 1ère diffusion : 13/07/1998
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France

Chroniques

5H56
25 min

Les Nuits de France Culture

Extrait : Studio 168 - Invader
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