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Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles - 1975

Claire Atherton : "Chantal Akerman créait des failles pour que chacun puisse chercher sa vérité"

37 min
À retrouver dans l'émission

2018 |Alors que la Cinémathèque française programme une rétrospective des films de Chantal Akerman du 31 janvier au 2 mars 2018, Les Nuits de France Culture lui consacrent une nuit d'archives en compagnie de sa monteuse, Claire Atherton et du réalisateur Vincent Dieutre. Entretien 1/3 par Albane Penaranda

Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles - 1975
Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles - 1975 Crédits : Collection Christophel © Paradise films / Unite trois - AFP

Le 5 octobre 2015, Chantal Akerman a choisi de partir. Il y a cinquante ans cette année, presque encore adolescente, elle réalisait son premier film, Saute ma ville. Alors que, du 31 janvier au 2 mars 2018, la Cinémathèque française programme une rétrospective de ses films, l'occasion était trouvée de lui consacrer une nuit entière. Une nuit pour la saluer, pour le plaisir d'entendre sa voix, de l'écouter parler de ses films, de cinéma, de l'histoire, de son histoire et de la vie. Toute une nuit durant laquelle, pour nous souvenir d'elle et rappeler quelle importante cinéaste, tous genres confondus, est Chantal Akerman, nous serons en compagnie de sa monteuse, Claire Atherton, et du réalisateur Vincent Dieutre.

Claire Atherton dit ce que l'écoute de ces archives lui ont révélé, comme une évidence, de Chantal Akerman :

Ce qui m'a sauté aux yeux et au cœur c'est son rapport particulier à la vérité. Elle était toujours très simple, c'est aussi ce qu'elle recherchait avec sa mère vers la fin, cet espèce de parler vrai, comme si elle n'avait jamais réussi à croire à toutes les manifestations d'affection de sa mère et que tout à coup il y avait quelque chose de vrai qui se déclarait là au moment de la presque fin. 

En écoutant toutes ses paroles au fil du temps j'ai senti très fortement ce rapport profond à une vérité, à une simplicité, à une façon d'être dans le moment, à ne jamais théoriser pour essayer d'expliquer que... mais à laisser les choses advenir et à créer des failles pour que chacun puisse aussi chercher sa vérité. J'ai toujours trouvé cela très fort dans ses films, dans le travail que l'on faisait ensemble, dans ses films et là dans ses mots cela m'est apparu encore plus flagrant. Comme si elle savait que la vérité était mouvante, que la seule façon d'être en relation avec une vérité c'est de respecter ce mouvement et de créer cette distance qui permet à chacun de penser.

Vous pouvez écouter la 2ème partie de cet entretien, et la dernière

  • Production : Albane Penaranda 
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France

Chroniques

0H37
1h15

Les Nuits de France Culture

Chantal Akerman : "Il n'y a rien à dire disait ma mère et c'est sur ce rien que je travaille"
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