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Marie Trintignant dans "Betty" de Claude Chabrol, 1991.

Claude Chabrol : "Ma première idée, quand je me suis décidé à faire des films, c’était d’adapter Simenon"

42 min
À retrouver dans l'émission

En 1992, dans "Projection privée", Michel Ciment recevait Claude Chabrol pour la sortie de "Betty", une adaptation du roman de Georges Simenon, avec Stéphane Audran et Marie Trintignant.

Marie Trintignant dans "Betty" de Claude Chabrol, 1991.
Marie Trintignant dans "Betty" de Claude Chabrol, 1991. Crédits : Jacques PRAYER/Gamma-Rapho via Getty Images - Getty

A Michel Ciment, s'étonnant de la rareté de ses adaptations des romans de Georges Simenon, un de ses auteurs favoris, Claude Chabrol répondait : 

Bizarrement ma première idée, quand je me suis décidé à faire des films, c’était d’adapter Simenon. C’était Le fils Cardinaud. J’avais vu Simenon à ce moment-là (...) C’était sans doute un peu tôt, en 1956.  Le film a été tourné par Grangier avec Jean Gabin sous le titre Le sang à la tête ce qui n’avait pas de rapport avec Le fils Cardinaud.

Il fallut attendre 1982 et Les Fantômes du chapelier pour que Claude Chabrol tourne l'adaptation d'un roman de Georges Simenon. Et dix ans plus tard, tombé amoureux de Betty, le cinéaste réussissait à convaincre Marin Karmitz de produire ce film qui "a la caractéristique de ne pas avoir d'intrigue à proprement parler".

Sans aucune prétention je trouve que 'Betty' film est meilleur que 'Betty' livre car je trouve que Simenon a fait un scénario (…) sans qu’il le sache.

J’ai fait comme Simenon, je me suis dit que ce qui est intéressant c'est que les gens l'acceptent. Je pense qu'à la fin du film et du livre les gens ont accepté Betty telle qu'elle est avec ses défauts immenses, elle est un peu pute, il faut bien dire la vérité, elle est un peu garce aussi, mais elle prévient parce qu'elle est assez honnête.

Simenon, je l’ai rencontré plusieurs fois, j’étais très ami avec un de ses fils Marc, et je connaissais son épouse Denise. (…) C’était un homme extrêmement ouvert, qui avait une caractéristique formidable, il était persuadé de ne pas être intelligent et il s’en foutait éperdument.

De l'interprétation de Marie Trintignant, qu'il avait auparavant filmée dans Une Affaire de femmes, Claude Chabrol disait : 

Il y avait par moment presque une lueur de génie et on était tous impressionnés.

De son côté, à propos de Chabrol, Marie Trintignant avouait : 

Jusqu'à lui, j'avais l'impression d'être malhonnête si je n'étais pas engagée jusqu'à l'extrême douleur dans mes rôles. Il m'a appris la légèreté, il m'a appris à grandir sans tragédie. 

Claude Chabrol, dans ses films, observait les comportements humains pour essayer de les comprendre. Conscient que l'on "ne connait rien du cerveau humain" il déclarait avec humour : 

Je mets très souvent des aquariums dans mes films parce que j’ai toujours pensé que c’est une des plus belles métaphores de ce qu’est l’être humain et de ce qu’est la Terre.

À ceux qui ignorent encore que Stéphane Audran et Marie Trintignant ont été d'immenses comédiennes, on ne saurait trop recommander de voir Betty

  • Par Michel Ciment 
  • Avec Claude Chabrol (cinéaste, producteur, scénariste)
  • Indexation web : Documentation Sonore de Radio France
  • Projection privée - Claude Chabrol pour son film "Betty" (1ère diffusion : 15/03/1992)
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