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L'Oulipo le 23 septembre 1975 dans le jardin de François Le Lionnais, à Boulogne Billancourt.
Épisode 2 :

"François Le Lionnais avait une curiosité universelle servie par une mémoire proprement fantastique, quasiment pathologique"

59 min
À retrouver dans l'émission

1993 |En 1993, Christine Goémé consacrait deux volets de "Profils perdus" au cofondateur de l'Oulipo, François Le Lionnais. Dans le premier était abordée la biographie de celui qui se définissait comme un "disparate", un "touche à tout" et qui prônait une ouverture aussi large et vaste que possible.

François Le Lionnais devant les échecs, 2 janvier 1936.
François Le Lionnais devant les échecs, 2 janvier 1936. Crédits : Elisabeth Schmidt (ayant droit).

Fondateur, avec Raymond Queneau, de l’Oulipo, François Le Lionnais fut ingénieur chimiste, joueur d’échecs passionné, collectionneur, auteur d’un livre intitulé Les Nombres remarquables.

Résistant de la première heure arrêté par la Gestapo, il fut déporté dans le camp de concentration de Dora. Après la libération il travailla à l’Unesco, fut aussi conseiller des musées de France et animateur d’émissions scientifiques à la radio. 

En 1993, Christine Goémé était allé à la rencontre de plusieurs des amis de François Le Lionnais, tachant de recoller quelques éléments de son puzzle biographique, pour deux volets de l’émission "Profils perdus". Dans le premier, il était question de sa vie avant la fondation de l’Oulipo, en 1960, et notamment de ce très beau texte qu’il écrivit en déportation intitulé La Peinture à Dora, depuis reparu aux éditions le Nouvel Attila.

Marcel Bénabou et Paul Braffort :

François Le Lionnais avait une curiosité universelle servie par une mémoire proprement fantastique, quasiment pathologique, une espèce d’hypertrophie extravagante de la mémoire, aussi bien visuelle qu’intellectuelle. (...) On voit bien le cheminement de sa carrière : il a commencé par la chimie, puis très vite deux choses se sont imposées à lui, d'une part, dans sa vie professionnelle il était intéressé par les problèmes d’organisation, de systématisation, et d'autre part sur le plan de son activité intellectuelle c'est une ouverture aussi large et vaste que possible ce qu'il appelle "le disparate".

Le Résistant Serge Foiret, déporté à Dora, comme François Le Lionnais, se souvenait :

François Le Lionnais à Dora c’était un gars extrêmement amusant… parce qu’il prenait, comme tout le monde, des coups, mais qui il était toujours un peu ahuri, c’était le savant, qui disait "mais enfin qu’est-ce que je leur ai fait ?". On l’avait surnommé Cosinus, et dans le petit temps qu’on avait de tranquillité, quelquefois, il nous faisait des conférences sur la relativité d’Einstein, c’était un gars extrêmement puissant d’un point de vue intellectuel. Et nous qui étions là pour être éliminés, ils voulaient complètement nous faire sombrer, on avait de la chance, entre français, d'avoir, au moins, de la conversation. 

Avec Marcel Bénaobu, François Caradec, Paul Braffort, Dominique Roussillon, Serge Foiret, Dominique Desanti et Jean-Toussaint Desanti, cette émission a été diffusée pour la première fois sur France Culture le 4 mars 1993.

  • Par Christine Goémé 
  • Réalisation : Olivier Coppin
  • Profils perdus - François Le Lionnais 1/2 : 1901-1984 (1ère diffusion : 04/03/1993)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
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