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Actrices du Cinéma français 1929-1944
Épisode 11 :

Mardis du cinéma - Maria Casarès et le cinéma

1h25
À retrouver dans l'émission

1997 |Mardis du cinéma - Maria Casarès et le cinéma (1ère diffusion : 27/05/1997)

La comédienne, Maria Casarès.
La comédienne, Maria Casarès. Crédits : AFP / INTERCONTINENTALE - AFP

Préparée, vêtue, ornée, telle une péripatéticienne des temps modernes, je me soumettais aux lois des spots et des rails qu'une part de moi-même, tout en appliquant mes volontés à sauvegarder l'autre et ne donnant, comme la prostituée que mon corps et mon visage à cette partouze sans débauche où je me devais d'officier.

Maria Casarès

Pour Maurice Béjart, le portrait cinématographique que l'on pourrait faire de Maria Casarès serait celui avant tout d'un regard et d'une voix. Comédienne de théâtre, sa carrière au cinéma est marquée par quelques grands films de l'après-guerre - Les enfants du paradis, son premier film, La Chartreuse de Parme avec Gérard Philipe, tourné à Rome, Les Dames du Bois de Boulogne, expérience qui lui fera écrire une méditation sur ses rapports avec le cinéma - lui laissant l'impression d'une rencontre inaboutie et peut-être factice. 

Interprète des plus grands personnages de théâtre, Maria Casarès est également l'incarnation d'un mythe lorsque Cocteau lui confie le personnage de la mort d'Orphée aux côtés de Jean Marais et de François Perrier qui évoque sa présence à la fois frémissante et pleine d'une profonde intériorité. Sa silhouette drapée dans une cape de velours noir, son regard vert sur lequel on peut lire au-delà du temps, inspireront à Maurice Béjart l'histoire de la "Reine verte", comédienne habituée à jouer le rôle de la mort, "celle qui fait son travail dans l'éternité."

Maria Casarès et le cinéma, c'est également évoquer le cheminement d'une actrice face à son travail, à ses rôles, à l'attitude de l'artiste dans son rapport avec l'objectif, viol ou complicité entretenue avec la caméra... Le point de vue de Maria Casarès, radical, violent, laisse poindre le regard acéré de celle qui sait observer. Cette rencontre douloureuse avec le septième art, n'était-elle pas due avant tout à son besoin de recherche permanent, de partage dans l'acte créateur, de confrontation à chaque fois renouvelée avec un personnage afin de pénétrer son univers et à travers lui, celui du cinéaste ?

Toujours en quête, Maria Casarès propose sa manière d'aller à la rencontre de ses personnages, et au-delà de l'écran, nous renvoie à la démarche de tout grand créateur qui transfigure les mots pour faire naître un visage.

Avec Maurice Béjart (chorégraphe), Anne Rabinovitch (écrivain), Michel Dumoulin (réalisateur, président de l'Association Maria Casarès), Bernard Sobel (metteur en scène et réalisateur), François Périer, Elina Labourdette, Jean-Henri Meunier, Maria Casarès et Denis Llorca.

  • Par Florence Marguier 
  • Réalisation : Isabelle Yhuel
  • Mardis du cinéma - Maria Casarès et le cinéma (1ère diffusion : 27/05/1997)
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

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