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Nuit Jean Giono (5/10) : Jean Giono : "J'ai vu mourir des quantités de gens de mort naturelle. C'était des morts logiques, c'était des morts normales, j'aimais beaucoup cette façon de mourir"

21 min
À retrouver dans l'émission

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Les guerres, la prison, l'Académie Goncourt, le monde de la technique, la poésie, la douleur, la mort "normale", mais aussi son style pour "Le Hussard sur le toit" et "Que ma joie demeure" : en 1965 dans l'émission "La Minute de vérité", Jean Giono s'exprimait sur tout cela avec Gilbert Ganne.

En 1965, Jean Giono s'entretenait avec Gilbert Ganne, il avait 70 ans et c'est dans sa maison de Manosque qu'avait lieu l'entretien. Dans "La Minute de vérité", l'écrivain, lors d'une discussion vive évoquait des étapes de sa vie, les deux guerres mondiales, la prison, l'Académie Goncourt, la douleur, la mort.  * Il évoquait des livres aussi différents que Le Hussard sur le toit et Que ma joie demeure :  Celui qui est extérieur à une œuvre ne voit que des moments de cette œuvre […] Chacun de mes livres est accompagné d'un carnet dans lequel se trouve le travail du style. Or vous verriez que dans le même carnet, celui de 'Que ma joie demeure', se trouve dans la même page le travail d'écriture du 'Hussard sur le toit'. A propos de la poésie :  Je ne vois pas la différence entre poète et prosateur. C'est la même chose. Je n’ai jamais écrit de vers sinon un grand poème inédit sur la chute des anges que personne n’a encore lu. Mais un poème peut être en prose.  Sur une prétendue scission dans son œuvre : Je ne change pas mais le reste change autour. […] Il y a un livre qui fait la liaison et qui vous explique tout le bonheur que j'ai pu éprouver en prison,c'est un livre de bonheur pur, il s'agit de 'Pour saluer Melville'. Il a été écrit en prison. C'était une façon d'exprimer mon bonheur, il n'y a ni illusion ni amertume contre les temps ou contre la prison. C'est ce livre qui fait la liaison entre 'Que ma joie demeure' et 'Le Hussard sur le toit'. Sur la douleur :  Si on aime la vie on aime la mort. Il ne peut y avoir de vie sans mort. Il y a une chose pour moi qui est un scandale, c'est la douleur physique, pas la douleur morale. Ça c'est le scandale. […] A ce moment on ne pense à rien. On n'a qu'un désir, on veut que cela cesse. Cela ce n'est pas métaphysique, ce n'est pas littéraire. Sur la mort : J'ai vu mourir des quantités de gens qui sont morts de mort naturelle. C'est à dire qui sont morts à un moment où la vie s'est arrêtée chez eux, ils ne sont pas morts de maladie, ils sont morts de vieillesse. C'était des morts logiques, c'était des morts normales, j'aimais beaucoup cette façon de mourir.  Par Gilbert Ganne - Avec Jean Giono La Minute de vérité - Entretien avec Jean Giono (1ère diffusion : 02/04/1965) Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France Archive Ina-Radio France   

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