LE DIRECT
Satyajit Ray, 1974
Épisode 2 :

Satyajit Ray : "J'ai appris la technique du cinéma en regardant les films des autres, surtout des films américains"

51 min
À retrouver dans l'émission

1983 |Le cinéaste bengali Satyajit Ray évoquait la trilogie d'Apu dans "Le Cinéma des cinéastes" au micro de Claude-Jean Philippe et Pierre Donnadieu, un long entretien dans lequel il détaillait sa manière de travailler (1ère diffusion : 10/04/1983).

Le réalisateur bengali Satyajit Ray en tournage sur son film "La Forteresse d'or" à Calcutta en 1974.
Le réalisateur bengali Satyajit Ray en tournage sur son film "La Forteresse d'or" à Calcutta en 1974. Crédits : Nik Wheeler/Sygma via Getty Images - Getty

En 1983, Claude-Jean Philippe et Pierre Donnadieu recevaient le cinéaste bengali Satyajit Ray pour un entretien en anglais dans "Le Cinéma des cinéastes". A la question "quelles sont les qualités nécessaires à la réalisation d'un film ?" Satyajit Ray répondait  :

Cela m'a été très utile de connaître la musique, la peinture et la littérature. En ce qui concerne la technique, je l'ai apprise en regardant les films des autres, surtout des films américains. 

Produit avec des moyens dérisoires, Pather Panchali (La Complainte du sentier), le premier film de Satyajit Ray, se tournait le week-end alors que la semaine il exerçait encore le métier de graphiste dans une agence de publicité. Ce film, sorti en Inde en 1955, est le premier volet de la trilogie d'Apu.

Satyajit Ray racontait la première apparition du personnage d'Apu, et évoquait la série de hasards, la chance qui avaient mené à la découverte des enfants qui interprétèrent Apu à différents âges. 

Le cinéaste parlait de l'importance de l'eau dans ses films, de la pluie, des bains rituels. Il reconnaissait la part autobiographique du scénario du film Aparajito (L'Invaincu, 1956), deuxième volet de la trilogie d'Apu.

Dans Apur Sansar (Le Monde d'Apu, 1959), dernier volet de la trilogie, Apu se retrouve marié par un concours de circonstances inimaginables. Mais ce mariage non voulu se transforme en une grande histoire d'amour. "J'ai pris cela comme un défi, montrer l'intimité sans les détails physiques de celle-ci, (…) comme Renoir me l'a dit j'ai réussi à montrer "le sentiment de l'amour et de l'intimité sans montrer un seul baiser". 

Apu est terriblement affecté par la mort sa femme, il veut se suicider, il renonce à tout et part dans l'errance. Il tient son fils pour responsable de la mort de sa femme. Il fallait accentuer cela, pour montrer que lorsqu'il revient, qu'il accepte ses responsabilités et son fils, cela soit très fort. 

Satyajit Ray évoquait ensuite Le Salon de musique (1958) qui eut beaucoup de succès notamment en France, à sa grande surprise, car selon lui c'était un film "profondément indien, j'étais sûr que le film ne sortirait jamais du pays".

Enfin, le cinéaste parlait de la place des femmes dans son cinéma et de son intérêt pour les personnages féminins, "je partage cet intérêt avec quelques-uns des meilleurs auteurs indiens mais aussi partout dans le monde, je pense à des personnages comme Anna Karénine ou Madame Bovary". 

Le film que je tourne actuellement d'après Rabindranath Tagore a pour personnage central une femme. Je trouve que les femmes, en général, sont plus intéressantes. (...) Je suis impressionné par l'intégrité morale des femmes. 

  • Par Claude-Jean Philippe 
  • Le Cinéma des cinéastes - Satyajit Ray (1ère diffusion : 10/04/1983)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......